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lundi 26 septembre 2022

Sursaut

Alors que le parti présidentiel, La République En Marche, a obtenu un score humiliant de 7,1 % à l’échelle nationale à l’occasion des dernières élections régionales et départementales, c’est bien le score du Rassemblement National à 19,8 % qui est considéré comme le plus cuisant échec de ce scrutin. Car si LREM était pressenti pour avoir un score médiocre, le RN, lui, avait les sondages en sa faveur. Un désaveu sanglant des électeurs qui ne se déplacent plus pour le mouvement de Marine Le Pen qui pourtant était le parti qui habituellement profitait de l’abstention des votants et qui désormais en fait les frais. Ainsi, au lendemain de cette défaite, Jean-Marie Le Pen a souhaité que son ancien parti qui tient son congrès cette semaine, retrouve sa «virilité», ou bien ce sera sa «disparition». «Aujourd’hui, ou Marine Le Pen revient aux fondamentaux, qui ne consiste pas seulement à les énoncer mais à les faire vivre, sur l’immigration, l’insécurité, avec une reprise de la virilité, de la netteté des positions, ou bien ce sera sa disparition», a déclaré celui qui a dirigé pendant près de quarante ans le FN, dans son journal de bord vidéo diffusé mercredi. «Ou bien Marine Le Pen retrouve les accents des combats précédents, ou bien elle va progressivement s’effacer», a ajouté le cofondateur du FN. Il estime que ce parti n’a «de chances de succès que sous une forme alternative au système». Au congrès du RN qui se tient à Perpignan, la cheffe du RN a «une obligation de préciser ses positions et de revenir aux positions qui avaient fait la force et l’espérance de croissance du FN», a insisté Jean-Marie Le Pen. Pour lui, «le congrès devrait être le moyen d’afficher un redressement politique, intellectuel, moral». L’ancien patron du FN a redit que la «délepénisation» du parti duquel il a été exclu en 2015 avait été «une faute politique» qui s’est «traduite par un échec électoral» aux régionales «et peut-être des échecs électoraux (à venir) si cette position était maintenue». Jean-Marie Le Pen attribue aussi ce revers électoral au changement de nom, «qui était déjà une forme de recul». «La politique d’adaptation, de rapprochement du mouvement par rapport au pouvoir, à la droite ordinaire même, a été sanctionnée sévèrement par les électeurs», selon lui. Il est vrai qu’aujourd’hui le RN ne ressemble que très peu au FN pré-présidentiel de 2017, tant Marine Le Pen a abandonné des principes qui en faisaient la spécificité, à l’instar de la sortie de l’Euro et de l’Union européenne ou encore à la reconnaissance de légitimité d’instances internationales à l’instar de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Reste à voir si Marine Le Pen continuera à diluer son mouvement pour en faire un parti de droite «traditionnel» ou si elle aura un sursaut et rendra aux électeurs du RN le parti pour lequel ils se déplaçaient immanquablement à chaque scrutin depuis quarante ans.

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