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lundi 20 mai 2024

Netanyahou et consorts sous la menace d’un mandat d’arrêt international

Le porte-parole des Kataïb el-Qasam, Abou Oubeida, a refait surface mardi à l’occasion du 200e jour de la guerre, après une absence qui aura duré des semaines, un événement qui en soi constitue une bonne nouvelle pour les Palestiniens et leurs partisans dans le monde. C’en est une forcément de fort mauvaise pour Israël, pour qui cela veut dire que décidément il n’a encore rien accompli à Ghaza, qu’au contraire tout lui reste à faire. Cette réapparition est comme l’annonce que dans 200 autres jours, le même homme masqué surgirait à nouveau pour promettre la défaite à Israël, mais avec une crédibilité accrue, du seul fait qu’il est toujours là et qu’il parle encore. Deux cents autres jours, si d’aventure lui est toujours là, il est certain en revanche que ni Netanyahou, ni Ben Gwir, ni Smotrich, ni aucun des Israéliens aujourd’hui têtes d’affiche ne peuvent se prévaloir d’une espérance de vie aussi longue. Pour eux, il y a eu ces dernières heures deux nouvelles, une bonne et une mauvaise.

La bonne, c’est bien sûr le vote par les congressistes américains d’une enveloppe financière montant à plus de 26 milliards de dollars, un cadeau d’autant plus apprécié par eux qu’il les rassure sur la constance du soutien américain à leur endroit par ces temps frappés au coin de l’incertitude. La mauvaise, c’est que dans le même temps les messages se multiplient selon lesquels la Cour Pénale Internationale s’apprête à émettre des mandats d’arrêt contre un certain nombre d’entre eux, dont Netanyahou. Une réunion d’urgence pour en discuter et tenter par là même de trouver la parade a déjà été organisée dans le bureau du Premier ministre israélien, ce qui n’aurait pas eu lieu si la nouvelle n’était pas des plus sérieuses. En fait, elle l’était déjà quelque temps auparavant, compte tenu du fait que Netanyahou, recevant il y a peu les chefs des diplomaties allemande et britannique, avait demandé leur aide dans cette perspective. Pourtant la plus grande crainte d’Israël n’est pas là, mais dans la certitude où il est que cette Cour n’oserait pas concevoir un tel projet sans le feu vert des Etats-Unis. Ce même allié qui les soutient de toutes les façons possibles n’hésiterait pas à les poignarder dans le dos en montant justement contre eux la Cour Pénale Internationale, eux qui déjà sont visés par la Cour Internationale de Justice. Rien de cela ne serait en train de se produire si la guerre était déjà gagnée, comme elle devrait l’être eu égard à la fois à sa durée et au rapport de force, nettement en faveur d’Israël. Une menace de ce genre, ce n’est pas ce qui peut arriver de mieux à la veille d’une offensive sur le dernier retranchement supposé de l’ennemi, un mouchoir de poche encombré d’un million et demi de civils. Déjà que ni Netanyahou, ni aucun ministre israélien, pas même celui des Affaires étrangères, ne voyage nulle part dans le monde. S’il faut encore qu’ils craignent une arrestation chaque fois qu’ils se trouvent à l’extérieur d’Israël, le moins que l’on puisse est que ce n’est pas là une condition de vainqueurs, mais de vaincus et de parias. Pour autant, ce ne serait pas si grave du point de vue des concernés eux-mêmes s’il s’avère que les Etats-Unis n’y sont pour rien, qu’en l’occurrence la Cour n’obéit qu’à sa conscience. Israël et ses représentants n’ont en effet que mépris pour les institutions internationales lorsque les Etats-Unis s’en démarquent eux aussi.

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