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lundi 20 mai 2024

Activistes

Depuis plusieurs mois déjà, l’administration Biden doit marcher sur une fine ligne concernant le conflit au Proche-Orient. Car si la Maison-Blanche a toujours été, quel que soit le parti au pouvoir, le plus proche allié d’Israël, depuis quelques années, une partie de la base militante démocrate se positionne clairement en faveur du peuple palestinien et n’hésite pas à critiquer et même dénoncer l’alliance des États-Unis avec I’État hébreu. Or, le président-candidat, accablé par des sondages défavorables et des débat interminables concernant sa santé mentale, a désespérément besoin de cet électorat pour espérer remporter un second mandat. Mais la situation autour du Proche-Orient n’en finit plus de se crisper aux États-Unis, notamment sur les campus universitaires où les soutiens au peuple palestinien sont très actifs, virulents et parfois même violents, mettant l’exécutif américain dans la gêne, car ces groupuscules font partie de sa base électorale. À la veille de la Pâque juive, le président américain a tout de même tenu à condamner un «antisémitisme dangereux», alors que des étudiants de l’université new-yorkaise Columbia ont réclamé que l’établissement boycotte toute activité en lien avec Israël. «Ces derniers jours, nous avons été témoins de harcèlement et d’appels à la violence contre des juifs», a déclaré Joe Biden dans un communiqué. «Cet antisémitisme flagrant est répréhensible et dangereux, et il n’a absolument pas sa place sur les campus universitaires, ni nulle part dans notre pays», a-t-il poursuivi. Protestant contre la guerre menée par Israël à Ghaza, des étudiants pro-palestiniens de l’université new-yorkaise Columbia, qui a un programme d’échanges avec Tel Aviv, réclament que l’établissement boycotte toute activité en lien avec Israël. Une centaine d’entre eux, qui avaient lancé une occupation des pelouses du campus, ont été interpellés jeudi par la police. Selon le journal étudiant Columbia Spectator, «un groupe d’une dizaine de contre-manifestants pro-israéliens a été confronté à des cas d’antisémitisme» sur le campus samedi soir, «d’après des entretiens avec des étudiants et des vidéos». Un rabbin lié à une organisation d’étudiants juifs orthodoxes de Columbia, Elie Buechler, a «fortement» conseillé aux étudiants juifs de rentrer chez eux dimanche, a rapporté CNN. Les récents événements «ont clairement montré que la sécurité publique de l’université de Columbia et la police de New York ne peuvent pas garantir la sécurité des étudiants juifs», a écrit Elie Buechler dans un message adressé à environ 300 étudiants, selon la chaîne. Hillel, une autre organisation juive de Columbia, a de son côté déclaré sur X que les étudiants juifs ne devraient pas quitter le campus mais que l’université devait «faire plus pour assurer la sécurité de nos étudiants». Depuis le début du conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, les campus américains ont été le théâtre de tensions et des voix se sont élevées pour dénoncer une montée de l’antisémitisme. Les rsépublicains se sont emparés du sujet et après une audition houleuse au Congrès, la présidente de l’université de Pennsylvanie, Elizabeth Magill, puis son homologue d’Harvard, Claudine Gay, ont démissionné, respectivement en décembre et en janvier. Reste à voir comment évoluera la situation au cours des prochains mois et si les activistes progressistes, qui votent habituellement pour les démocrates, se déplaceront en novembre prochain pour faire réélire Biden, malgré le soutien de ce dernier à l’État hébreu, ou s’ils seront prêts à boycotter la présidentielle, quitte à prendre le risque de faire élire Donald Trump, pour forcer les têtes pensantes du Parti démocrate à changer leur politique au Proche-Orient.

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