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jeudi 8 décembre 2022

Atomique

Alors que Joe Biden a pris ses fonctions de Président des États-Unis hier a Washington, certaines voix s’élèvent déjà pour réclamer des changements dans la gestions de certaines prérogatives du résident de la Maison-Blanche. En ligne de mire, le contrôle total et absolu de l’arme nucléaire par le Président américain. Une tradition américaine qui est jugée «antidémocratique, dépassé», inutile et extrêmement dangereuse». C’est en ces termes que l’ancien ministre américain de la Défense, William Perry, a appelé le futur Président américain Joe Biden à renoncer au contrôle exclusif des codes nucléaires. Dans une tribune publiée par le quotidien «Politico», William Perry, qui fut ministre de la Défense de Bill Clinton de 1994 à 1997, note que Donald Trump, accusé d’avoir encouragé les violences au Congrès du 6 janvier dernier, «avait encore le doigt sur le bouton nucléaire», au moment des faits. «Il est temps de retirer le football nucléaire à ce président et à tous les présidents qui lui succéderont», ajoute Perry. «Il n’est plus nécessaire et son existence même représente un danger pour notre sécurité nationale». Le Président des États-Unis est accompagné en toutes circonstances d’un aide militaire qui transporte une valise, surnommée «le football», contenant tous les éléments nécessaires à une frappe nucléaire. L’ancien chef du Pentagone rappelle qu’une fois élu, un président américain «obtient le droit absolu de lancer une guerre nucléaire». «Il n’a pas besoin d’une seconde opinion. Le ministre de la Défense n’a pas son mot à dire. Le Congrès ne joue aucun rôle». «Pourquoi prenons-nous ce risque ? Pensons-nous vraiment qu’un président devrait avoir le pouvoir divin de détruire instantanément la planète ?», demande William Perry. C’est le Président Harry S. Truman qui, après l’enfer nucléaire d’Hiroshima et Nagazaki, décida il y a 75 ans de ne plus jamais faire usage de l’arme atomique, rappelle l’ancien ministre. «Pour lui, ça voulait dire la retirer des mains des militaires. Truman a donc déclaré qu’aucune bombe atomique ne pourrait être larguée tant qu’il ne l’aurait pas autorisé personnellement», raconte-t-il. «Truman a alors créé le dangereux précédent d’un contrôle par une seule personne». William Perry appelle donc Biden à annoncer qu’il «partagera le droit d’utiliser l’arme nucléaire avec un groupe limité d’élus». «Dès que Joe Biden a prêté serment, le football nucléaire a été à lui. Il lui revient alors de se débarrasser du football et de s’assurer que nous ne confions plus jamais la machine à tuer la plus puissante jamais créée à un unique et faillible être humain». Mais si Biden a promis beaucoup de changements durant sa campagne, il n’est pas certain qu’il soit prêt à aller aussi loin qu’à perdre ce pouvoir qui confère une partie de l’aura à la fonction de Président des États-Unis, surtout que l’appel de Perry reste assez isolé et n’est pas la préoccupation première de l’administration Biden qui a de nombreux lourds dossiers, notamment les crises sanitaire et économique, à traiter en priorité.

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