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vendredi 14 mai 2021

Déforestation liée aux importations: L’UE, 2e responsable mondial après la Chine

Les importations de l’UE étaient responsables en 2017 de 16 % de la déforestation liée au commerce international dans le monde, ce qui fait en le 2e plus gros responsable de «déforestation importée» du globe après la Chine, dénonce, hier, un rapport de WWF.
Via ses importations de soja, d’huile de palme, de bœuf, mais aussi de produits du bois, de cacao et de café, l’UE a contribué indirectement, en 2017, à la disparition de 203 000 hectares de forêts tropicales, converties en terres agricoles, selon l’organisation environnementale.
C’est l’équivalent de 116 million tonnes de CO2, soit le total des émissions de gaz à effet de serre émis par la Belgique la même année, précise le rapport, fondé sur l’analyse fine d’images satellitaires et de statistiques agricoles et commerciales.
Au total, le commerce international de produits agricoles a entraîné, en 2017, l’élimination de 1,3 million d’hectares de forêts tropicales et l’émission de 740 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent d’un cinquième des émissions de l’UE sur l’année.Devant l’UE, les importations de la Chine représentaient 24 % de cette déforestation. A l’inverse, l’impact était bien moindre pour les importations de l’Inde (9 %), des Etats-Unis (7 %) et du Japon (5 %). Entre 2005 et 2017, les huit principales économies de l’UE (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, France, Belgique et Pologne) ont été responsables de 80 % de la «déforestation importée du bloc», précise le rapport, la France causant à elle seule via ses importations la disparition de 26 300 hectares par an en moyenne. «La déforestation tropicale et la conversion des écosystèmes associées aux importations sont une mesure quantifiable, et ne peuvent plus être ignorées», insiste Michael Lathuillière, responsable de l’équipe de «cartographie des chaîne d’approvisionnement» à l’Institut de l’environnement de Stockholm. Ses données – qui ont nourri le rapport de WWF – établissent «des liens clairs entre la consommation de l’UE, notamment de soja et de bœuf, et la disparition non seulement de forêts mais également de zones humides et prairies en Amérique du Sud», insiste-t-il.De fait, en 2018,quelque 23 % des importations européennes de soja – essentiellement destinées à la nourriture d’élevage – provenaient de la savane du Cerrado (Brésil/Paraguay/ Bolivie), l’une des régions les plus menacées du continent, selon WWF.
«Pour l’heure, l’UE fait partie du problème, mais avec la législation appropriée, nous pouvons être une partie de la solution», soutient Anke Schulmeister-Oldenhove, responsable de l’ONG en charge des forêts.
Les eurodéputés ont voté en octobre un rapport réclamant à la Commisison européenne un tour de vis de l’UE contre la déforestation, en renforçant la traçabilité des produits susceptibles d’y contribuer et en exigeant que Bruxelles en tienne compte dans ses accords commerciaux.
Faten D.

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