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vendredi 9 décembre 2022

Fléchissement russe d’abord sous le nombre des Ukrainiens

Il était question hier de la série de mauvais coups s’abattant sur la Russie depuis le début de septembre, jusqu’à il y a encore peu avec l’attentat contre le pont de Crimée, lequel lui-même a suivi de près le sabotage des deux gazoducs Nord Stream, en sus bien sûr des retraites effectuées par ses forces au nord-est comme au sud, sous l’aiguillon de la contre-offensive ukrainienne. Un tel enchaînement de revers est évidemment plus qu’il n’en faut pour que les médias occidentaux se remettent à croire sérieusement à la victoire de l’Ukraine, de surcroît à un horizon pas trop lointain, de sorte qu’ils en aperçoivent déjà sinon le détail du moins les grandes lignes. Ces mêmes appareils de propagande parlaient déjà de déroute en mars dernier, lorsque les Russes s’étaient retirés de Kiev et de ses parages. Des experts militaires et des généraux à la retraite expliquaient à l’envi à un public qui en redemandait que la Russie avait déjà perdu la guerre, que pourtant elle venait à peine de commencer. Puis étaient venues les prises de Lougansk, celles dans Donetsk, dans Zaporijjia, remettant les pendules à l’heure, faisant aussitôt ravaler les chants de victoire trop vite entonnés.

Les Occidentaux tout en se félicitant des succès des forces ukrainiennes ne manquent jamais de préciser qu’ils sont dus pour l’essentiel à l’armement de qualité livré par l’Otan, supérieur à celui dont disposent les Russes. S’il était vrai que c’est la supériorité de ces armes qui explique en premier les derniers revers russes, alors effectivement la victoire ne peut aller qu’à l’Ukraine, quand bien même la guerre s’étalerait dans le temps. Dans ce cas en effet, un avantage de premier ordre serait donné à Kiev auquel Moscou ne pourrait remédier, à moins de changer jusqu’à la nature de la guerre, en recourant par exemple au nucléaire. Mais si cela est faux, s’il s’avère que les percées de la contre-offensive ukrainienne ne sont pas dues, notamment aux lance-roquettes Himars livrés par les Américains, mais avant tout à la supériorité numérique des Ukrainiens, alors bien des choses sont à revoir. La mobilisation partielle décrétée par le président russe peut suffire dans ce cas à modifier le cours de la guerre. Preuve sera alors faite que si les Ukrainiens avancent ou reculent sur telle ou telle portion du front, ce n’est pas fondamentalement en raison de leur armement mais de leur nombre à cet endroit. Là où ils sont en surnombre, leur chance de l’emporter est plus grande que là où ils ne le sont pas. Même chose pour les Russes. Ces derniers ont évacué Izioum puis Lyman sans même chercher à les défendre, débordés qu’ils se voyaient par le nombre très supérieur des assaillants. Russes et Ukrainiens non seulement se connaissent bien mais s’affrontent équipés des mêmes armes. Dans le genre de guerre que leur font les Russes, les Ukrainiens ont les moyens de se défendre. C’est une autre guerre que leur aurait fait l’Otan, qui aurait pris tout son temps pour tout détruire depuis le ciel avant d’engager au sol son premier soldat. Certes les Russes ont la supériorité aérienne. Seulement ce n’est avec l’aviation qu’on occupe un pays, mais avec des soldats et en très grand nombre.

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