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lundi 20 mai 2024

Rebondissement

On pensait que le feuilleton des négociations indirectes en vue d’un accord, de trêve diront les uns, de cessez-le-feu ou de fin de la guerre diront les autres, s’arrêtait après avoir pour ainsi dire épuisé tous les recours, et puis voilà qu’un rebondissement survient, qui voit le Hamas accepter une offre faite par les intermédiaires arabes que sont le Qatar et l’Egypte. Ce n’est pas à pareille tournure pareille qu’on s’attendait en tout cas. En effet, si de nouvelles propositions sont mises sur la table, de nature à relancer les négociations, forcément elles sont portées à la connaissance de toutes les parties prenantes, les belligérants bien sûr mais également les trois intermédiaires. En clair, l’offre acceptée par le Hamas devait à tout le moins être connue des Israéliens et des Américains, ce qui ne semble pas être le cas. Les Américains, par la bouche de John Kirby, ont tenu à faire savoir qu’ils en avaient pris connaissance par la chaîne el-Jazira, ce qui est aussi une manière de s’en laver les mains. Les Israéliens eux ne font pas semblant d’être pris par surprise, mais font comprendre qu’ils n’y sont pour rien, qu’ils n’ont pas pris part à son élaboration, comme en témoignerait le fait qu’elle se trouve fort éloignée de ce qu’ils considèrent eux comme un bon accord. Un haut responsable du Hamas, Khalil al-Haya, a détaillé ce plan dans un passage sur el-Jazira.
Il comporte trois étapes, chacune longue de 42 jours, au cours de chacune s’opèrent un échange de prisonniers, un repli progressif des forces israéliennes vers l’extérieur de Ghaza, le retour des déplacés vers le nord, qui lui doit pouvoir s’effectuer sans condition ni retard. Il suffit d’en connaître les grandes lignes pour se rendre compte que comme tel il ne peut convenir à Israël, ou plus exactement au gouvernement israélien actuel, car l’opposition à Netanyahou pourrait lui trouver du bon, du moment que pour elle seul compte dans un premier temps la libération de ceux qu’elle appelle des otages. Une fois ces derniers libérés, elle reprendrait la guerre là où elle l’aurait laissée, alors que le pouvoir israélien actuel ne veut d’aucun accord, d’aucune trêve, à moins qu’elle ne soit aussi courte que celle de l’année dernière et qu’elle permette la libération de tous les détenus. Sa première réponse à l’annonce que le Hamas acceptait l’offre a été la prise de contrôle par ses forces du passage de Rafah, qui maintenant est fermé, de même que celui de Karem Abou Salem, qui lui l’a été deux ou trois jours plus tôt, suite à une attaque meurtrière de la résistance. Mais le fait de refuser l’offre du moment ne l’a toutefois pas empêché d’annoncer l’envoi de représentants aux négociations qui maintenant reprennent au Caire. Lors de son intervention sur el-Jazira, Khalil al-Haya a donné des informations bonnes à connaître sur une question essentielle, qui est celle des garanties ou des garants présidant à cet accord, à vrai dire à tout accord, susceptibles le cas échéant d’empêcher sa violation, par Israël notamment. Il a mentionné les intermédiaires arabes, mettant un accent spécial sur l’engagement du président Egyptien de ne permettre nul retour à la guerre sous quelque prétexte que ce soit. Il a relevé aussi la confiance des intermédiaires arabes en la bonne foi de l’administration américaine, qui serait elle aussi déterminée à faire en sorte que la guerre se termine à Ghaza.

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