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mercredi 22 mai 2024

L’offensive sur Rafah a-t-elle commencé?

Qui croire des Américains et des Israéliens, quand les premiers disent que la récente prise de contrôle de Rafah par l’armée israélienne est une opération limitée, si limitée qu’elle serait déjà en train de se terminer, et des seconds qui eux assurent en revanche qu’elle ne prendrait fin que lorsque tous ses objectifs auraient été atteints, dont au premier chef l’élimination du Hamas ? C’est bien sûr les Israéliens, les méchants en l’occurrence, qu’il faut croire, les Américains jouant depuis le début de la guerre le rôle du gentil qui en apparence ne ménage pas ses efforts dans la recherche d’un terrain d’entente entre les belligérants, qui même souffre à la vue du massacre des populations civiles, mais dont l’aide ininterrompue à Israël est en réalité le carburant alimentant cette guerre qui dès le départ a pris la forme d’un génocide. Si ce sont les Israéliens qui parlent vrai et les Américains qui cherchent à donner le change, alors force est d’admettre que l’offensive sur Rafah a commencé, et qu’elle ne s’arrêtera pas de sitôt. Il ne peut d’ailleurs en être autrement, sachant que les responsables israéliens, Benyamin Netanyahou tout le premier, ont toujours dit que ne pas la mener revient pour Israël à reconnaître sa défaite dans cette guerre.

La divergence au sein de la classe politique et de l’opinion israéliennes n’a jamais porté sur l’offensive en soi, considérée par tous comme la bataille finale, mais sur ce qu’il faudrait entreprendre en premier. Est-ce passer un accord avec le Hamas pour obtenir la libération des détenus, ou est-ce envahir son dernier retranchement pour en finir avec lui, quand ce serait au prix de la perte des détenus ? Benyamin Netanyahou et ses partisans ont toujours tenu pour la première option, et ses opposants pour la deuxième. Le troisième larron, les Etats-Unis, sont en cela des opposants à Netanyahou, mais en aucune manière des pacifistes, des opposants à la guerre, comme le sont par exemple les étudiants de leurs universités. Le président américain, l’a rappelé lors de la commémoration du génocide juif par les nazis : les Etats-Unis se tiendront toujours aux côtés d’Israël, quelles que soient leurs divergences du moment. Le soutien est indéfectible, si les divergences sont passagères. Cette parole, qui est un engagement, et mieux encore, le renouvellement d’une alliance sacrée, a été prononcée alors que les chars d’Israël entraient dans Rafah et que ses avions et ses canons la pilonnaient. Rien n’arrêtera cette opération, qui n’est pas une offensive, du moment que rien ne s’y oppose, pas même l’acceptation par le Hamas d’un accord aux conditions d’Israël et des Etats-Unis. Il y avait un bout de Ghaza qui était seulement bombardé, mais qui maintenant se trouve également occupé, voilà toute la nouveauté, toute l’affaire. Israël n’étant venu à bout de la résistance ni au nord ni au centre, ni à l’est ni à l’ouest, il n’aura pas raison d’elle à Rafah. Il poursuit sa ronde génocidaire dans la bande de Ghaza, avec pour fort probable conséquence la perte de tous ses détenus, par suite de ses propres œuvres. L’entrée dans Rafah va achever d’indigner le monde, l’isoler davantage sur la scène mondiale, nourrir les poursuites engagées contre lui pour crimes contre l’humanité. Sortira-t-il de ce dernier tunnel ?

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