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lundi 6 février 2023

«Sefret El Ahassis» à salle Ibn Zeydoun: Esma Alla enchante les mélomanes férus de musique andalouse

La salle Ibn Zeydoun a vibré jeudi soir sous les rythmes de la musique andalouse lors d’un spectacle animé par l’artiste Esma Alla. Intitulé «Sefret El Ahassis» (voyage de sensations), ce spectacle était une occasion pour revisiter des chansons de l’andalous, du malouf, du melhoun, du hawzi et du chaâbi.

Par Abla Selles

Devant un public relativement nombreux, Esma Alla a déroulé un programme à plusieurs volets, allant d’extraits de chansons de la Nouba Zidène, à quelques pièces dans le genre malouf, puis un enchaînement du melhoun, suivi d’une suite de «hwaza» algérois, pour conclure avec une partie chaâbie.

Soutenue par un orchestre d’une dizaine de virtuoses dirigés par le maestro Tarek Kadem au piano, Esma Alla, dotée d’une voix suave à la tessiture large, a ouvert son spectacle avec les pièces, «Ya bahi el Djamel», «Hosn el Habib» et quelques «Khlassat» dans le genre Malouf.

La cantatrice, au répertoire riche et varié, a ensuite rendu entre autres chansons hawzies,»Ah ya belaredj», «Aini chkat maâ qalbi», «Ya H’mem», «Aâyit ma neddemem», «Ya bechar Eddi labriya» pour conclure avec une suite de chants légers dans la cadence ternaire du berouali (6/8), incitant le public au déhanchement.

Refermant les volets de la musique savante, la chanteuse, élégante et pimpante dans sa longue robe aux belles broderies traditionnelles de circonstance, a enchaîné avec du Melhoun, interprétant, entre autres pièces, «Lil’Allah ya chemaâ» aux consonnances ghernati, pour conclure avec quelques reprises du répertoire populaire chaâbi de grandes icônes disparues du genre.

Dans des atmosphères des grands soirs, Esma Alla a choisi pour la partie chaâbie, des pièces du qcid et de la chansonnette, entonnant notamment, «Roh Allah issahal» d’El Hachemi Guerouabi (1938-2006),»Wellahi ma drit» de Dahmane El Harrachi (1926-1980), ainsi que, «Sali trach qalbi yaâtik kh’barou» et «Metmeni lila Sahra» de Amar Ezzahi (1941-2016).

Dans une prestation de haute facture, appuyée par un éclairage judicieux aux ornements géométriques variés et aux ambiances multicolores, vives ou feutrées, les spectateurs ont savouré tous les moments du spectacle dans la délectation, applaudissant longuement Esma Alla et ses musiciens.

En 1995, Esma Alla intègre l’association «El Andaloussia» de Sidi Bel Abbès, où elle passera quatre ans dans les classes de Ghizlène Addou, avant de poursuivre sa formation à Alger, au sein d’«El Inchirah», une des plus prestigieuses associations de musique andalouse créée et dirigée par le regretté-Maitre Smain Hini.

Persévérante et assidue, elle progresse vite et excelle dans les genres, Senaâ, Hawzi, Aroubi, et Melhoun, jouant également de plusieurs instruments (Violon, mandoline et guitare).

S’investissant, en 2014, dans une carrière solo, la cantatrice à la voix présente et étoffée, compte à son actif plusieurs enregistrements de chansons sur nombre de plateformes digitales, Spotify, Deezer, Anghami, entre autres.

A.S

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