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jeudi 1 décembre 2022

Conseil de guerre sur la base américaine de Ramstein

40 pays ont répondu à l’invitation des Etats-Unis pour une rencontre mardi sur leur base aérienne de Ramstein en Allemagne, consacrée à l’aide multiple à apporter à l’Ukraine pour qu’elle soit à même de repousser l’offensive que les Russes s’apprêtent à mener à l’est. 40 représentants de pays alliés des Etats-Unis, c’est plus que le nombre de pays membres de l’Otan, qui est de 30 seulement. 10 pays étaient donc présents à la réunion qui eux n’appartiennent pas à l’Otan, parmi lesquels la Finlande, la Suède, mais aussi Israël et la Corée du Sud. Comme aucune liste des présents n’a été publiée, ni non plus une photo de famille, à vrai dire on ne sait avec certitude qui sont tous ces pays. Ce que l’on sait, et c’est là d’ailleurs le plus important, c’est qu’ils étaient 40. 40 déterminés à tout faire pour infliger à la Russie en Ukraine une défaite stratégique, c’est-à-dire une défaite ouvrant sur son démembrement, le véritable objectif de l’élargissement à l’est de l’Otan. Mais seulement 40, dans un monde qui en compte incomparablement plus. Ce n’est pas suffisant pour isoler la Russie sur la scène du monde.

Mais c’est suffisant pour lui faire une guerre mondiale par procuration. Pour autant, la réunion n’a débouché sur aucun engagement formel, mais seulement sur des promesses d’envoi d’armes lourdes, conformément aux demandes de l’Ukraine, dont les décideurs s’affirment plus que jamais capables de vaincre la Russie. Par le nombre des pays impliqués, c’est-à-dire les membres de l’Otan plus une dizaine d’autres pays grands alliés des Etats-Unis, la guerre en Ukraine est depuis le début une guerre mondiale, à ceci près qu’elle se déroule tout entière dans un seul pays. Pour peu qu’on y regarde, ceci n’est pas une nouveau. Depuis maintenant plus d’une décennie une guerre du même type se déroule dans un autre pays, la Syrie, gagnée pour l’essentiel par celle-ci, grâce à l’aide de la Russie, mais dont la page finale tarde à se tourner. Cette guerre est la première à être mondiale, ce qu’elle est par le nombre de ses protagonistes, et néanmoins confinée dans un seul pays, même si avec l’apparition de Daech, elle a à un certain moment débordé sur l’Irak. L’armée russe est engagée en Syrie, elle l’est bien sûr davantage en Ukraine. Le même homme a été placé à sa tête dans les deux pays : Alexander Dvornikov, ce qui tend à souligner la parenté des deux guerres. La réunion de Ramstein n’a pas été présidée par Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, mais par le général Lloyd Austin, le chef du Pentagone. Elle s’est tenue sur une base américaine et sur invitation des Américains. Et pour cause, l’Otan n’est pas officiellement en guerre avec la Russie. Ce n’est pas elle qui arme l’Ukraine, mais ses membres, qui le font à titre individuel. Rien ne les y oblige, sauf la peur de mécontenter les Etats-Unis, leur leader, ou plus exactement leur commandant en chef. Ainsi de l’Allemagne qui a fini par se décider à fournir des armes lourdes à l’Ukraine, après avoir longtemps tergiversé, par crainte des représailles russes, en matière énergétique notamment, mais aussi par celle de se trouver engagée contre sa volonté dans une nouvelle guerre, qui elle aussi sera mondiale. Même choix contraint fait par la France d’expédier du lourd. De sorte qu’il est légitime de se demander jusqu’à quand la guerre en Ukraine restera en Ukraine.

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