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mercredi 1 février 2023

Entourage

En 2016, lorsque les rumeurs sur une possible candidature à la présidentielle d’Emmanuel Macron avaient commencé à éclore, elles avaient d’abord été accueillies avec incrédulité, le jeune ministre de François Hollande étant inconnu au bataillon que ce soit dans le milieu politique ou auprès de la population française. Pourtant, peu après la création de son parti En Marche ! plusieurs têtes de gondole du Parti socialiste le rejoignaient, créant un effet d’appel d’air de plus en plus important. L’un des tournants décisifs dans le début de campagne de Macron aura incontestablement été le ralliement du maire de Lyon d’alors, Gérard Collomb, poids lourd du PS, qui confirmera le sérieux de la candidature de l’ancien ministre de Hollande. Depuis, malgré son départ du gouvernement dès octobre 2018, il reste une des voix qui comptent lorsque l’on parle du macronisme. En retrait de la scène nationale et malade, il a révélé en septembre être atteint d’un cancer de l’estomac, l’ancien ministre de l’Intérieur et ex-édile de Lyon n’en demeure pas moins un observateur attentif et aujourd’hui critique acerbe de la vie politique et plus particulièrement de Macron, sa politique et son entourage. «Le en même temps a beaucoup déboussolé», tranche aujourd’hui l’ancien premier magistrat lyonnais. «Quand vous entendez Macron, sur tous les problèmes, il vous dit une chose puis une autre. Un coup dans le zig, un coup dans le zag. Sur l’Éducation nationale, il peut être sur une position laïque, celle de Blanquer, et l’instant d’après sur une autre, plutôt dans le woke». Selon lui, «cette façon de concilier des positions totalement opposées, c’est un tic chez lui. C’est une façon de penser le monde qui peut être intéressante d’un point de vue philosophique, mais qui ne correspond pas forcément à ce qu’il faut faire, sur le plan pratique, quand vous gouvernez un pays». L’ancien ministre qui avait quitté la place Beauvau de manière fracassante en 2018, évoquant une situation «très dégradée» des quartiers difficiles et une France allant au-devant d’«immenses problèmes», a mis en garde Gérald Darmanin, qu’il a rencontré début septembre pour évoquer le sort de la future loi immigration. «Je lui ai dit : ‘’Fais attention, tu vas aller droit dans le mur, comme moi’’. Car les problématiques que je soulevais n’étaient pas partagées sur le fond par Emmanuel Macron. Il m’a répondu : ‘’Tu verras’’. Et ce que j’ai vu, c’est que le président allait encore imposer ses vues, sur la régularisation notamment, créant un appel d’air». Et ce n’est pas la seule remontrance de l’ancien ministre, qui a pu évaluer de près les difficultés de la filière hospitalière, après avoir été hospitalisé cet hiver. «Ce que j’ai vu au cours de mon séjour, c’est un hôpital en très grande difficulté où le sous-effectif est quelque chose d’incroyable. Il faut être passé par là pour comprendre combien on manque de personnel qualifié à tous les niveaux : médecins, professeurs, infirmiers… Vous avez des services qui ne tournent qu’avec un seul interne». Mais les remarques acides de l’ex-socialiste, mêmes si pertinentes, seront peut-être appréciées par l’opposition mais probablement ignorées par les proches du président français.

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