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samedi 3 décembre 2022

ONU et vote à bulletin secret

Aujourd’hui mercredi, l’Assemblée générale de l’ONU est appelée à se prononcer sur une résolution condamnant les annexions par la Russie des quatre régions qu’elle occupe en Ukraine, à savoir Lougansk et Donetsk dans le Donbass, Zaporijjia et Kherson. Cette même résolution a été rejetée, il y a quelques jours, par le Conseil de sécurité, la Russie ayant tout naturellement opposé son veto. Le vote d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler celui du 2 mars de cette année, sur une résolution condamnant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et exigeant le retrait immédiat de celle-ci, qui s’était traduit par 141 oui, 5 non, 35 abstentions, dont celles de la Chine, de l’Algérie et de l’Inde, et 12 non-participations, dont celles de 8 pays d’Afrique, le continent qui, contre toute attente, avait compté le plus grand nombre d’abstentionnistes et de boycotteurs, ce qui n’était pas pour déplaire à la Russie. Pour ce qui est du vote d’aujourd’hui, il faut savoir que la Russie, tenant particulièrement à ce qu’il se déroule à bulletin secret, a obtenu que l’Assemblée générale se prononce sur une proposition allant dans ce sens. Ce qui en cela l’a motivée, c’est la certitude où elle était que beaucoup de pays voteraient la résolution par peur des représailles américaines s’ils ne le faisaient pas.

N’empêche, elle a perdu son pari, puisque la motion introduite par elle lundi a été repoussée, 100 voix ayant voté contre, 14 l’ayant approuvée, et 38 s’étant abstenues. Les membres de l’ONU étant au nombre de 193, il y a donc eu 41 pays qui ont préféré ne pas même participer au vote. Le total de ceux qui soit se sont abstenus, soit ont approuvé, soit ont boycotté, est de 93. Ainsi donc, 100 pays ont tenu à ce que la condamnation de la Russie pour ses annexions soit assumée par tous à visage découvert, tandis qu’un nombre presque égal auraient préféré qu’elle le soit, ou qu’elle ne le soit pas, à bulletin secret. Il y a tout lieu de supposer que le vote d’aujourd’hui ne diffère pas de beaucoup de celui de lundi, à supposer qu’il ne soit pas identique. S’il y a un doute à cet égard, il ne concerne pas le nombre de ceux qui ont repoussé la proposition russe, qui sûrement se retrouveront tous dans le nombre de ceux qui condamneront les annexions. La question ne se pose pas non plus des 14 voix ayant approuvé la proposition russe de vote à bulletin secret. Mais quid des 38 abstentionnistes et des 41 boycotteurs ? Se retrouveront-ils tels quels eux aussi dans le vote d’aujourd’hui ? Eh bien, oui, tout au moins dans le principe. C’est qu’ils ont quelque chose en commun : leur refus de voter la condamnation de la Russie. Tous deux sont plus nombreux aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en mars dernier. Ils étaient tous deux confondus 47. Ils sont aujourd’hui 79, sans même leur ajouter les prorusses déclarés. Ces derniers se sont eux aussi assez nettement accrus d’ailleurs : de 5 ils sont passés à 14. Pour autant, c’est le nombre des pays refusant de prendre part au vote, appelés ici les boycotteurs, qui est monté en flèche, puisqu’il est passé de 12 à 41. Ce qui évidemment s’est fait au dépend du nombre des pays qui en mars ont condamné la Russie pour son invasion de l’Ukraine. Ainsi donc, et dans la mesure où le vote d’aujourd’hui est effectivement une répétition plutôt exacte de celui de lundi, il pourra y avoir moins de pays condamnant les annexions que de pays ayant condamné l’invasion.

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