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mardi 28 juin 2022

L’inflation atteint des records dans le monde: L’analyste Kaoubi : «L’Algérie doit rapidement ajuster sa politique monétaire»

Pour répondre au contexte d’inflation enregistré au niveau international ayant impacté l’Algérie, l’analyste économique, Mahfoud Kaoubi, estime que pour pallier cette menace «l’Algérie doit rapidement ajuster sa politique monétaire».

Par Louisa A. R.

L’inflation a atteint des records partout dans le monde et impacte même les puissances économiques en Amérique et en Europe, une accélération non enregistrée depuis 40 ans. Ce qui s’est répercuté sur les pays émergents. Compte tenu de cette conjoncture mondiale conjuguée à des effets de la pandémie de Covid-19, il est nécessaire pour l’Algérie d’engager des réformes économiques et financières. «C’est impératif et indispensable», a jugé l’analyste économique Mahfoud Kaoubi, soulignant que «nous sommes très en retard dans la mise en œuvre des réformes». «Le contexte est plein de menaces sur le court, moyen et long terme. Ce qui nécessite un ajustement de différents outils pour nous éviter une dégradation de la situation à l’avenir», a-t-il prévenu.
Pour Mahfoud Kaoubi la révision de la politique monétaire est la solution idoine pour faire face à l’inflation. «Si on n’ajuste pas à temps notre politique monétaire, la contamination risque de ne pas se limiter à la dégradation du pouvoir d’achat, mais toucherait l’investissement et mettrait en difficulté toute l’économie du pays», a prévenu l’économiste lors de son passage dans l’émission «l’Invité de la rédaction» de la radio Chaîne 3. M. Kaoubi a recommandé, à ce propos, «une révision du taux d’intérêt et une maîtrise d’offre de monnaie qui permettraient de créer les conditions d’une reprise sur la base des indicateurs réels de l’économie». Pour l’invité de la rédaction de la Chaîne 3, «l’heure est au sacrifice». Il a recommandé de «revoir à la fois notre mode de consommation et créer un effet d’éviction pour la relance et l’investissement», expliquant, toutefois, qu’une telle réforme sera inévitablement «douloureuse».
Le contexte est encore plus difficile qu’il y a une année, fera-t-il remarquer. «C’est pour cela qu’il est plus que nécessaire d’accélérer le processus des réformes», dira l’invité de la radio, soulignant que «l’environnement est plus contraignant pour la mise en place de la politique monétaire que de l’ajuster». Sinon, a-t-il mis en garde, «cela va se traduire par une dégradation encore plus élevée du pouvoir d’achat, en dépit du soutien de l’Etat aux couches moyennes ou à faible revenu». «Cela risquera aussi d’accentuer le poids des déficits budgétaires et ce, malgré l’amélioration des prix du pétrole», a-t-il ajouté.
L’analyste salue, à ce propos, la démarche entamée par les autorités «dans le sens d’un glissement du taux du dinar par rapport aux monnaies étrangères et qui se traduit par une dépréciation du dinar depuis pratiquement 18 mois». «Il faut maintenir cette politique et pourquoi ne pas l’accélérer afin de réunir les véritables conditions du marché», a-t-il suggéré.

L. A. R.

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