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jeudi 6 octobre 2022

Hostilités

Si les relations gréco-turques ont tendance à s’apaiser durant quelques semaines après chaque nouvel incident, la tension entre Ankara et Athènes n’aura pas tardé cette fois-ci à se manifester de nouveau. Aujourd’hui, les Turcs accusent les Grecs d’«action hostile» contre leurs avions. La Turquie a affirmé que des avions turcs en mission dans la mer Égée et en Méditerranée orientale avaient été visés par le système de défense aérienne S-300 de la Grèce et a dénoncé une «action hostile». Le système de défense aérienne grec déployé en Crète a «verrouillé» mardi dernier des jets F-16 turcs, en mission de reconnaissance à 10 000 pieds à l’ouest de l’île de Rhodes, ont déclaré des sources du ministère turc de la Défense. Cela équivaut à des «actes hostiles» selon les règles d’engagement de l’OTAN, a-t-on déclaré de mêmes sources. Les avions à réaction turcs ont néanmoins «accompli les missions prévues et sont rentrés à leur base en toute sécurité», a-t-on précisé. Ces derniers mois, la Turquie s’est plainte d’actions de la Grèce, selon elle provocatrices et préjudiciables aux efforts de paix. Les deux voisins, tous deux membres de l’OTAN, ont des différends de longue date concernant leurs frontières maritimes et aériennes, ce qui conduit les forces aériennes à effectuer des patrouilles et des missions d’interception quasi quotidiennes, principalement autour des îles grecques proches des côtes turques. Athènes accuse Ankara de survoler les îles grecques. La Turquie, pour sa part, affirme que la Grèce stationne des troupes sur des îles de la mer Égée en violation des traités de paix signés après les deux guerres mondiales. Les relations entre les deux pays continuent ainsi à se dégrader et l’inaction de leurs voisins, qui refusent de s’impliquer dans la crise, ne fait qu’accroître le risque de voir les hostilités dégénérer. Seule à avoir défendu la Grèce en septembre 2020 lors de la dernière grosse tempête entre les deux pays, Paris est aujourd’hui en retrait, et semble préférer suivre l’exemple des autres pays de l’UE et de l’OTAN et ne pas intervenir politiquement. Toutefois, si la situation venait à s’envenimer encore, les alliés de la Grèce comme de la Turquie ne pourront rester les bras croisés et voir ces deux pays entrer dans un conflit, peut-être armé, qui aurait des conséquences sur le reste du continent européen.

 

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