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lundi 20 mai 2024

Dérapages

Si les déboires judiciaires de Donald Trump devraient donner confiance aux démocrates, il n’en est rien, car ces derniers savent parfaitement, même si beaucoup le démentent, que leur candidat a son lot de casseroles. L’état de santé mentale du président américain de 81 ans, qui est un sujet de discorde depuis des années aux États-Unis, semble se détériorer à vue d’œil et les dérapages de Joe Biden en pleine campagne ne présagent rien de bon pour le scrutin de novembre prochain. Ce dernier a une fois encore suscité la controverse jeudi, après avoir raconté une histoire de famille, celle de son oncle, supposément dévoré par des cannibales en Nouvelle-Guinée lors de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, des documents officiels montrent qu’en réalité cet oncle est mort dans le crash de son avion en mer. L’opposition républicaine, sans surprise, n’a pas manqué d’utiliser cette énième élucubration de Joe Biden pour illustrer, selon elle, son déclin cognitif. «Mais oui… c’est ça Joe…», a ironisé le compte officiel de la campagne de Donald Trump sur X. La Maison-Blanche a de son côté défendu son patron jeudi, affirmant que le président, en racontant une histoire familiale, voulait rendre hommage aux soldats et anciens combattants. Biden a salué la mémoire de son oncle lors d’une visite dans sa ville natale de Scranton, en Pennsylvanie. Le président, qui avait à peine un an lorsque son oncle est décédé en 1944, s’est rendu sur un monument aux morts de la guerre et a touché du bout des doigts le nom du lieutenant Ambrose Finnegan, gravé sur la stèle. Son avion «a été abattu en Nouvelle-Guinée, et ils n’ont jamais retrouvé son corps parce qu’il y avait beaucoup de cannibales, pour de vrai, dans cette partie de l’île d’Océanie», a lancé un peu plus tard Joe Biden à des métallurgistes à Pittsburgh, puis une nouvelle fois à la presse. Mais le site de l’agence officielle des prisonniers de guerre et disparus américains indique que l’avion d’Ambrose Finnegan s’est «écrasé en mer» au large de la Nouvelle-Guinée. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, a confirmé que l’oncle du président avait «perdu la vie quand son avion militaire s’est écrasé dans le Pacifique», et non sur la terre ferme. Mais elle a défendu Joe Biden, pour qui rendre hommage à son oncle sur ce monument avait été un moment «incroyablement émouvant et important», selon la porte-parole. Le chef de l’exécutif américain a «mis en avant l’histoire de son oncle pour montrer son soutien aux anciens combattants». Un moyen également de jouer sur le contraste avec son rival à la présidentielle, Donald Trump, qui aurait qualifié des soldats morts au combat de «losers» lors de son mandat. Mais les explications bancales de la porte-parole de la Maison-Blanche n’ont pas convaincu grand monde, surtout lorsque cela fait des années maintenant que Biden s’empêtre dans des histoires abracadabrantesques qui font douter les plus fervents partisans progressistes du bien-fondé de sa candidature. Reste à voir si Biden réussira à minimiser les incidents d’ici novembre prochain pour espérer une réélection, ou si les Américains après quatre années à subir les dérapages de leur président lui préféreront l’excessif Trump qui, tout du moins, a lui encore toute sa tête.

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