20.9 C
Alger
vendredi 7 octobre 2022

Après plusieurs décennies de créativité: Bachir Yelles, doyen des plasticiens algériens, n’est plus

Le monde de l’art est en deuil depuis l’annonce, mardi en fin de journée, du décès du doyen des plasticiens algériens et premier directeur de l’Ecole nationale des beaux-arts, Bachir Yelles.

Par Abla Selles

Ce grand homme de l’art et de la culture nous a quittés après avoir veillé, durant des années, sur la formation, la création et l’accompagnement d’une génération d’artistes de haut niveau. D’ailleurs, aujourd’hui, ils sont nombreux à pleurer le départ de cet homme toujours disponible pour donner des conseils, orienter des jeunes artistes et même les aider à tracer leur chemin dans le monde de l’art. Nombreux sont ceux qui sur les réseaux sociaux ont adressé des messages de condoléances à la famille de l’artiste et à la famille artistique algérienne. Le défunt a été inhumé hier au cimetière de Sidi M’hamed, à Alger, après la prière du Dohr, en présence de ses amis, ses élèves et des passionnés d’art.
Natif de Tlemcen en 1921, Bachir Yelles avait intégré l’Ecole des beaux-Arts d’Alger en 1943 et participé à la première exposition de peintres et miniaturistes algériens en 1944, aux côtés notamment de Ali Ali-Khodja, Abdelhalim Hemche, Mohamed Ghanem et Mohamed Temmam.
Entre 1947 et 1950, Bachir Yellès rejoint l’Ecole des beaux-arts de Paris, dans les ateliers d’Eugène Narbonne et de Nicolas Untersteller, et organise sa première exposition individuelle en 1948, avec un catalogue rédigé par son ami Mohammed Dib. Il va promouvoir le patrimoine de sa ville natale dans de très nombreuses œuvres.
Après le recouvrement de l’indépendance, Bachir Yelles est le premier directeur de l’Ecole nationale des beaux-Arts d’Alger, et deviendra également fondateur de l’Union nationale des arts plastiques (Unap) dont il organisera le premier salon en 1964.
A la fin des années 1960, il réalise de nombreux timbres-postes dédiés aux costumes traditionnels algériens, au tapis et aux métiers de l’artisanat, et signe également de nombreuses fresques ornant des institutions publiques et des sièges de représentations diplomatiques algériennes à l’étranger.
Au début des années 1980, Bachir Yelles a grandement participé à la conception de Maqam Echahid et du Palais de la culture Moufdi-Zakaria, dont les maquettes ont été réalisées sous sa direction.
Il est également connu pour ses nombreuses interventions plastiques ou architecturales sur des édifices comme la mosquée Emir Abdelkader de Constantine ou le Centre national des archives à Alger, en plus d’autres institutions.
Depuis les années 2000, de nombreuses expositions et rétrospectives lui ont été dédiées dont la dernière en mai dernier, organisée par le Musée des arts modernes d’Alger, alors que le Musée national des beaux-arts compte une salle qui porte son nom.
A. S.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img