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jeudi 25 avril 2024

Zone euro: La faible productivité pourrait ralentir la baisse de l’inflation

La productivité en berne en zone euro, combinée à des salaires en hausse, pourrait retarder le retour de l’inflation vers la cible de 2 %, a déclaré une haute responsable de la Banque centrale européenne.

Par Fatah S.

«La croissance de la productivité, toujours faible, voire négative depuis peu, exacerbe les effets de la forte croissance actuelle des salaires nominaux sur les coûts unitaires de main-d’œuvre des entreprises», a déclaré Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, dans un discours à Florence. Par conséquent, «cela augmente le risque que les entreprises répercutent la hausse des coûts salariaux sur les consommateurs, ce qui pourrait retarder le retour de l’inflation à notre objectif de 2 %», a-t-elle ajouté. Combinée à une faible productivité, les hausses de salaires continuent de faire grimper les coûts unitaires de main-d’œuvre et donc les prix, avec le risque d’un effet de spirale redoutée par les responsables monétaires.
Dans ce contexte, «la politique monétaire (de la BCE) doit rester restrictive et il ne faut pas ajuster prématurément le niveau des taux», a-t-elle déclaré. Car avant d’agir, les gardiens de l’euro voudront être «sûrs que l’inflation reviendra durablement à (l’) objectif à moyen terme».
Il s’agit d’éviter de devoir «adopter une politique de ‘’stop and go’’ sur les taux, semblable à celle des années 1970», selon Mme Schnabel.
Le repli de la productivité en zone euro, en prenant un retard avec les Etats-Unis, tient à la «lenteur de la diffusion technologique», les entreprises de la zone euro «n’ayant pas réussi à profiter de la révolution des technologies de l’information et de la communication (TIC)», a-t-elle expliqué. Autre élément, l’investissement public «depuis longtemps faible» dans la région depuis la fin de la crise de la dette souveraine et creusant aussi un écart défavorable avec les Etats-Unis. «Le nationalisme économique croissant, les menaces qui pèsent sur notre sécurité territoriale et l’écart technologique croissant entre notre économie et d’autres économies avancées rendent encore plus urgents les arguments en faveur d’un renforcement de la compétitivité de la zone euro», conclut-elle. Elle a salué, à ce titre, l’accord fin décembre entre les Vingt-Sept sur un assouplissement des règles budgétaires européennes, qui doit garantir le redressement des finances publiques sans compromettre les investissements.

F. S.

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