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Alger
mercredi 5 octobre 2022

Zéro Covid

La bonne nouvelle de ces derniers temps, c’est que la pandémie est pour ainsi dire partout en recul, même si elle est encore loin de l’être uniformément, et qu’il ne faille exclure ni résurgences ni apparition de nouveaux variants, ce qui d’ailleurs risque beaucoup de se produire en même temps. Cette décrue mondiale ne doit rien à la vaccination. En effet, même là où celle-ci est la plus avancée, le fait est qu’elle ne l’est pas suffisamment pour pouvoir créer l’immunité collective, vers lequel on tend comme à la seule véritable planche de salut. Le seul pays où l’on dit qu’elle l’est suffisamment, c’est Israël, que les Occidentaux donnent pour un exemple d’efficacité dans la lutte contre la maladie, tout en sachant pourtant que cette campagne de vaccination si rondement menée ne concerne que le premier collège. Les populations arabes sous occupation en sont exclues elles, ou alors n’y ont droit qu’à la marge. Il n’y en aura pour elles que lorsque tous les Israéliens seront servis, parés et requinqués. Et encore, ce n’est pas évident. Une efficacité dont la première traduction est la discrimination ne mérite qu’indignation. Il faut attendre on ne sait encore combien de temps pour mesurer les effets de la vaccination à l’exclusion de tout autre facteur. S’il se produit un rebond, dû par exemple à l’apparition d’un variant, et qu’un reconfinement s’avère le seul moyen de le bloquer, on risque de ne plus pouvoir faire la part propre à la vaccination, à supposer bien sûr qu’elle se soit déjà étendue à une proportion importante de la population.

En Algérie, on est enfin passé sous la barre des 200 contaminations par jour, et parallèlement sous celle des 5 pour ce qui est des décès. A ce compte, on devrait viser à zéro Covid. Mais d’une manière qui ne devrait pas nécessairement être celle qui est appliquée dans les pays asiatiques, où la méthode chinoise de lutte contre l’épidémie a fini par se généraliser, et cela indépendamment de la nature des régimes. On peut dire que zéro Covid est devenu en matière de lutte contre le virus la doctrine de tout un continent. Elle s’oppose à celle en vigueur en Occident, mais ailleurs aussi, suivant laquelle il faut apprendre à vivre avec le virus, car il ne serait ni raisonnable ni possible de chercher à se débarrasser complètement de lui. Les pays partisans de la coexistence avec le virus sont
d’avis qu’il n’est de salut que dans la vaccination. Ceux du zéro Covid pensent qu’on peut en finir avec lui par les restrictions, les confinements et reconfinements, les quarantaines strictes à chaque nouveau cas, et que la vaccination n’est qu’une nouvelle arme venant s’ajouter à celles qui sont déjà employées contre le mal. Ce n’est pas de la vaccination qu’il faut attendre la fin de l’épidémie, mais de l’âpreté de sa mobilisation contre elle. Si la bonne tactique, c’est celle qui permet le retour le plus rapide à la normale, alors pas de doute à avoir. À cette aune, le zéro Covid est nettement supérieur en effet, puisque la reprise économique est déjà effective en Asie, où il est appliqué, mais pas dans le reste du monde où il ne l’est pas. Mais nous, où nous situons-nous dans ce clivage ? Comment avons-nous jusque-là lutté contre la maladie, par la coexistence avec son virus en attendant l’immunité collective consécutive à la vaccination, ou par les moyens du zéro Covid ? Nos chiffres nous placeraient plutôt du côté des Asiatiques. Nos méthodes nous en rapprocheraient elles aussi, même si elles ne semblent pas aussi strictes que les leurs. Toujours est-il que chez nous la vaccination est plus une mesure de précaution qu’une planche de salut.

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