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mercredi 7 décembre 2022

WAADATE SIDI BENDEHIBA à Mostaganem : Les medjahers sur la trace de leurs ancêtres

Comme chaque fin de saison estivale, les habitants de la localité de Mesra fêtent leur saint patron, Sidi Bendehiba avec une grande ferveur pour marquer ainsi une croyance populaire définie dans des traditions ancestrales de la région.

Par Lotfi Abdelmadjid

Sidi Bendhiba est un marabout de grande popularité entouré d’une véritable mythologie populaire. Les medjahers, grâce à cette solennelle «waâd» veulent témoigner la vénération et le culte rendu à l’âme de Sidi Bendehiba. Dans cette région les gens célèbre «tâam» juste après les vendanges, remerciant par le truchement, du «ouali» Dieu du bien-être dû à la bonne récolte. Celui dont la personnalité est un culte demeure un phénomène de liaison sacrée, car il représente «l’être qui a un pied dans le monde des vivants et un autre dans celui des morts», comme dit l’expression populaire. C’est avec ces valeurs morales que la communauté medjahers» préserve ce patrimoine immatériel. A l’occasion de la fête de Sidi Bendehiba, se concentrent sur l’espace de la cérémonie, des milliers de visiteurs venus assouvir leur curiosité. L’attraction majeure de cette manifestation c’est la sublime fantasia à laquelle participent quelques centaines de cavaliers. Ces cavaliers venus de toute la région et même de loin, bombent le torse sur leurs chevaux élégants parés de harnais somptueux et de décorations multicolores. Ses hommes à cheval se livrent à d’incroyables acrobaties et déchargent leurs moukhala (vieux fusil à poudre) dans une parfaite synchronisation en poussant des cris qui se confondent avec le galop de leurs chevaux. Cette extraordinaire mise en scène célébrant les cavaliers invincibles d’autrefois s’appelle la fantasia. A cette occasion, des waâdates des edjahers celles de Sidi Bendehiba , comme celles de Sidi Charef, Sidi Larbi, Sidi Ladjel, la fantasia, l’ attraction majeure qui réunit, à la fois les attraits de l’équitation et du folklore. Un admirable spectacle au cours duquel des cavaliers, vêtus de leurs plus beaux atours, mènent une charge héroïque, montés sur leurs fidèles destriers (eux-mêmes parés de harnais somptueux et de décoration multicolores), accompagnée de l’odeur du «baroud que répandent les fusils. A l’instar du paysage de fête et de l’ambiance l’attention fut particulièrement concentrée sur l’organisation des mkadims. Au crépuscule, ces derniers invitent les visiteurs chez les familles qui ont érigé des tentes traditionnelles, attendent de recevoir leurs invités pour une soirée «couscous». Chaque famille medjaher, par tradition, offre le dîner en guise d’offrande à Sidi Bendehiba. Sur le grand espace, les petits commerces prennent place pour deux jours où l’on vend et achète tous types d’articles.Tous les soirs, les cheikhs de la chanson bédouie s’installent, animant la waâda au son de la gasba et des meddahs jusqu’à des heures tardives de la nuit.
Il convient de souligner que pour un tel événement, il faut une organisation minutieuse et c’est ainsi que l’Association du taâm et rekb s’attelle à garantir aux visiteurs la totale sécurité. Une association dont les missions sont d’abord l’organisation et surtout la sécurité étant donné l’affluence de visiteurs attendus chaque fin de l’été au niveau de l’espace forestier réservé à la manifestation. Recevoir plus d’un millier de cavaliers, des centaines de véhicules et une impressionnante foule n’est pas une mince affaire, mais l’organisation pointue du festival a permis que l’événement se passe toujours dans des conditions très optimales. En 2021 le taâm de Sidi Bendehiba est conditionné par la crise sanitaire due à la Covid-19. Le couscous, le cheval, les cavaliers, le baroud et les meddahs, le baroud seront du rendez-vous sur l’esplanade de Sidi Bendehiba.
L. A.

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