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dimanche 25 octobre 2020

Volonté

La tension en mer Méditerranée entre la Turquie et la Grèce continue de monter, poussant même aujourd’hui les dirigeants de l’Union européenne, qui avaient jusque-là préféré éviter la confrontation brutale, laissant la France seule s’opposer frontalement à Ankara pour défendre Athènes, à dénoncer les «provocations» de la Turquie en Méditerranée orientale et renouveler leur menace de sanctions dans les conclusions adoptées lors d’un sommet à Bruxelles. «Nous déplorons les actions et les provocations unilatérales de la Turquie», a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, à l’issue de la réunion. «Le Conseil européen demande instamment à la Turquie d’inverser ses actions et d’œuvrer à la détente de manière cohérente et soutenue», précise le texte des conclusions. «Nous avons réaffirmé notre volonté de ne céder en rien à ces provocations et nous avons acté que nous reviendrons avec des décisions dans les prochains mois, en fonction de l’évolution du comportement de la Turquie», a expliqué le Président français Emmanuel Macron lors de son point de presse. Les dirigeants européens ont rappelé, dans leurs conclusions, la menace de sanctions formulée si Ankara ne cesse pas ses actions unilatérales. Ils ont condamné vendredi le soutien d’Ankara à la décision des autorités de l’autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN) de rouvrir l’accès à la station balnéaire chypriote-grecque de Varosha, interdit par l’armée turque depuis l’invasion du nord de l’île par Ankara il y a 46 ans. Ils ont également dénoncé le retour du navire d’exploration gazière «Oruç Reis» au sud de l’île grecque de Kastellorizo, proche des côtes turques, au risque de raviver les tensions avec la Grèce. Ce navire avait été retiré des eaux grecques avant le sommet européen des 1er et 2 octobre. «Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition», avait averti Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à l’issue du sommet début octobre. Des sanctions économiques ont été élaborées et elles sont prêtes à être «utilisées immédiatement», avait-elle assuré. Les dirigeants européens ont prévu une évaluation de la situation en décembre et les conclusions adoptées vendredi sont une mise en garde à Ankara avec le rappel des résolutions des Nations unies. Reste à savoir si l’UE osera joindre les actes aux mots et se permettra, vu les relations compliquées qui la lie à la Turquie et notamment sur le dossier de l’immigration, d’inciter Erdogan à répliquer et à, peut-être, pousser la situation jusqu’à un point de non-retour.

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