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samedi 10 décembre 2022

Violences

Félicité et présenté en héros par ses collègues de La France Insoumise pour avoir de lui-même «dignement» avoué avoir donné «une» gifle à son épouse, Adrien Quatennens est depuis mi-septembre en «arrêt maladie» et donc absent de l’Assemblée nationale. Jean-Luc Mélenchon lui-même s’était avancé sur ce dossier pourtant si délicat des violences domestiques, pour soutenir son poulain. Une décision qu’il pourrait regretter au regard des nouvelles avancées dans cette affaire. En effet, Céline Quatennens, l’épouse du député du Nord, a fait des révélations dévastatrices hier, dénonçant des «colères», des «crises» et «des violences physiques et morales» de la part de son conjoint depuis «plusieurs années», réfutant tout «contexte
d’agressivité mutuelle». «Cela fait plusieurs années que je subis ses colères, ses crises, des violences physiques et morales. Au cours de ces dernières années, j’ai voulu le divorce à trois reprises, à chaque fois, sous la pression, je suis revenue en arrière», a assuré Céline Quatennens, dans un communiqué dont l’authenticité a été confirmée par son avocat. Adrien Quatennens, qui a reconnu le 18 septembre des violences contre son épouse dans un communiqué et n’a plus siégé à l’Assemblée nationale depuis, doit être entendu le 13 décembre à huis clos par un procureur dans une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, parfois dite «plaider-coupable»). «Face aux déclarations de M. Quatennens arguant médiatiquement ‘’d’une seule gifle dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle’’, je ne peux rester dans le silence face à des propos que j’estime mensongers», a développé Céline Quatennens. Dénonçant «une version très personnelle», elle assure prendre la parole «contre son gré» mais pour «rééquilibrer les choses». «Il m’est désagréable que mon mari minimise les faits publiquement en jetant le discrédit sur ma personne», a-t-elle ajouté. Dans un long communiqué le 18 septembre, l’élu évoquait notamment «des disputes» depuis l’annonce par sa femme de sa volonté de divorcer, précisant par exemple lui avoir «saisi le poignet» au cours de l’une d’elles. Il admettait aussi lui avoir «donné une gifle, il y a un an, dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle». En retrait de sa fonction de coordinateur politique de La France Insoumise depuis cette date, le député a fait savoir à son entourage mi-novembre qu’il souhaitait reprendre sa place sur les bancs de l’Assemblée maintenant que son congé maladie est terminé. Le mouvement travaille depuis «collectivement aux modalités de son retour», sur le principe duquel le groupe s’est mis d’accord, malgré les pressions d’autres partis politiques et d’associations féministes. Un retour qui s’annonce difficile avec ses nouvelles divulgations alors que Mélenchon lui-même avait déclaré, dans une vidéo publiée il y a moins d’une semaine, vouloir faire revenir son dauphin au Parlement. Peu de doutes désormais quant à l’obligation de Quatennens de démissionner de son poste, son parti ayant instauré comme règle absolue de croire les femmes et de punir les coupables présumés. Reste à voir si LFI appliquera ses propres politiques à elle-même ou si elle continuera à le soutenir coûte que coûte. Raquel Garrido, député Insoumise et proche de Mélenchon, affirmait de façon lunaire encore mardi, avant la publication du communité de Céline Quatennens à propos du député mis en cause, que «son cheminement peut fait avancer la cause des femmes». Si les Insoumis continuent à soutenir leur député, la rupture avec les féministes, qui étaient leurs alliées jusqu’à l’affaire Quatennens, pourrait bien être totale.

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