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vendredi 7 octobre 2022

Violences

La France Insoumise, qui a échoué en juin dernier à remporter les élections législatives, connaît depuis quelques mois une période difficile avec plusieurs de ses cadres de premier plan accusés de délits, qu’ils soient à caractère sexuel ou de violences domestiques. Ces délits sont d’autant plus graves qu’ils auraient été commis contre des femmes, alors même que LFI depuis plusieurs années se présente comme le mouvement en tête de proue des questions sur les violences faites à ces dernières. Aujourd’hui, après Éric Coquerel, député et président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, accusé d’agressions sexuelles, c’est au tour d’Adrien Quatennens d’être en ligne de mire. Visé par une main courante déposée par son épouse dans un contexte de divorce, le député LFI du Nord a reconnu certains épisodes de violence. Il se met donc en retrait de son poste de coordinateur national du mouvement. Sous pression, Quatennens sort du silence. Mis en cause par «une main courante», le député a tenu à donner sa version des faits hier matin dans un communiqué. «Je ne veux pas faire supporter ces pressions par le mouvement que je représente, ni que perdurent des spéculations infamantes à mon sujet», a-t-il expliqué, tout en dénonçant «l’acte de malveillance politique consistant à faire fuiter dans la presse le contenu d’une main courante». «Je fais donc le choix difficile et coûteux de m’exprimer en toute transparence sur la situation, dans l’espoir que nous puissions trouver le chemin de l’apaisement dans notre famille et dans l’opinion», a-t-il écrit. Quatennens a d’abord reconnu que la main courante de son épouse a été «déposée dans le contexte particulier des tensions de leur futur divorce». S’il affirme ne pas connaître son «contenu», l’Insoumis affirme que son épouse l’a «faite dans le seul but de laisser une trace de leurs altercations en cas de détérioration du climat». «Elle n’entend pas qu’il puisse y avoir des suites judiciaires ni que cela puisse intéresser les médias», assure-t-il. Le député a ainsi détaillé les épisodes de violence que Céline Quatennens pouvait lui reprocher. Parmi eux : «une gifle, donnée dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle». «Je l’ai donnée alors que cela ne me ressemble pas et cela ne s’est jamais reproduit. J’ai profondément regretté ce geste et je m’en suis alors beaucoup excusé», promet-il. L’élu du Nord, souvent considéré comme «le bras droit» ou le «numéro 2» de Jean-Luc Mélenchon, dit cependant en tirer «les conséquences politiques». Il annonce se mettre «en retrait de sa fonction de «coordinateur de La France Insoumise», le plus haut poste en interne, «pour protéger le mouvement, ses militants et toutes celles et ceux qui comptent beaucoup sur moi». Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon a commenté les faits en prenant parti pour l’agresseur, omettant d’identifier la véritable victime de cette affaire : «La malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux se sont invités dans le divorce conflictuel d’Adrien et Céline Quatennens. Adrien décide de tout prendre sur lui. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection». Pour finir, Adrien Quatennens a demandé que le «droit à une vie privée du couple soit respecté pour acter un divorce qu’ils souhaitent à l’amiable». Étrange requête lorsque l’on se rappelle que Sandrine Rousseau, députée NUPES (Nouvelle Union Populaire et Sociale), affirmait en début d’année que «le privé est politique». Mais au vu des réactions et surtout du manque de réaction des personnalités de la NUPES dans cette affaire ou celle de Coquerel il y a quelques mois, il semblerait que seules les personnalités politiques n’appartenant pas à la coalition de gauche soit soumis à l’obligation d’exemplarité.

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