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mercredi 8 février 2023

VIH-Sida en Algérie: 1 700 nouvelles infections enregistrées chaque année

Au moment où l’Algérie peine à éradiquer le sida, «une moyenne annuelle de 1 700 nouvelles infections au virus sont enregistrées, touchant généralement la tranche d’âge comprise entre 24 et 49 ans, aussi bien la gente masculine que féminine», a indiqué le ministère de la Santé.

Par Thinhinane Khouchi

L’Algérie a enregistré une augmentation du nombre de contaminations entre 2020 et 2022, c’est le constat avancé par des médecins et représentants de la société civile lors d’une rencontre à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida, placée cette année par l’Onusida sous le slogan : «Egalité maintenant». Pour la directrice de la Prévention des maladies transmissibles au ministère de la Santé, Dr Samia Hammadi, «l’Algérie enregistre une moyenne annuelle de 1 700 nouvelles infections au virus, touchant généralement la tranche d’âge comprise entre 24 et 49 ans, aussi bien la gente masculine que féminine». Dans ce contexte, Nassima Achour, chef de service d’infectiologie à l’hôpital d’El Kettar, a indiqué à un media national que son département enregistre 3 à 4 contaminations par le sida chaque jour, ajoutant que «le nombre d’infections au virus de l’immunodéficience acquise (VIH) est en hausse». Elle expliquera que «pour agir sur la chaîne de transmission, il faut avant tout sensibiliser les gens sur l’importance du dépistage qui doit concerner toute la population, tous âges confondus. Les jeunes doivent être dépistés à partir de 15 ans». Elle dira également qu’il existe une recrudescence de la transmission mère-enfant. «La raison est que les femmes ne sont pas dépistées à cause du manque de sensibilisation. C’est ce qui explique l’augmentation actuelle des cas de transmission mère-enfant. Il faut savoir au passage que la transmission par voie sanguine a complètement disparu car le contrôle du sang est systématique». Par ailleurs, lors de cette rencontre, le ministre de la Santé, Abdelhak Saïhi, avait indiqué qu’«il y a une mobilisation entière du gouvernement et de l’ensemble des intervenants, notamment la société civile, pour assurer un accès total et gratuit à toutes les prestations de soins aux malades du sida, dont le dépistage et le traitement». Mettant l’accent sur la «volonté politique de l’Algérie à accélérer la riposte contre cette pathologie d’ici à l’horizon 2030», le ministre a insisté sur «l’accès équitable et qualitatif aux soins, tout en respectant le droit de tous au traitement», avant de préconiser «davantage de vigilance» face aux facteurs de risque d’infection. Il a cité, à ce titre, notamment la consommation par voie intraveineuse des drogues, le faible niveau de protection des malades ainsi que le phénomène migratoire, notant que les priorités de l’Algérie pour y remédier sont axées sur l’accélération de la protection des populations les plus vulnérables, la lutte contre la transmission du virus de la mère à l’enfant ainsi que le renforcement des activités de prévention, de dépistage et de traitement.
Il a également souligné l’importance de «l’accompagnement des personnes infectées par le virus par un appui de la société civile», rappelant, à ce propos, les engagements pris par l’Algérie afin d’améliorer sa riposte face au sida, lesquels sont mis en œuvre dans le cadre du Plan national stratégique IST/VIH/Sida 2020-2024. Dans le même contexte, relevant «la dynamique pandémique» caractérisant ce virus, Saïhi a affirmé «la volonté de l’Algérie à relever le défi de lutter contre celui-ci», saluant «les efforts consentis par divers acteurs durant la pandémie de coronavirus pour sensibiliser et soutenir les franges vulnérables de la société face au VIH-Sida».De son côté, le Coordonnateur résident du Système des Nations unies en Algérie par intérim, Ahmed Ethmane Mohamed Salek, a exprimé «l’engagement d’Onusida Algérie pour appuyer les efforts significatifs du ministère de la Santé, dans le cadre du Plan national stratégique IST/VIH/Sida, visant à amplifier la riposte nationale au regard de la dynamique de l’épidémie». Ceci, a-t-il ajouté, en plus de soutenir «le travail remarquable de la société civile», tout en faisant état des «importantes réalisations» à l’actif dudit Plan, lesquelles témoignent d’une «volonté réelle du gouvernement algérien de faire face à cette pandémie de manière concrète, efficace et soutenue».
T. K.

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