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vendredi 9 décembre 2022

Victoire

Pour la première fois depuis sa création en 1972, le Rassemblement National, qui fut durant 36 ans le Front National, n’est plus présidé par un membre de la famille Le Pen. En effet, Jordan Bardella devient aujourd’hui, à 27 ans, le nouveau président du parti après plusieurs mois d’une campagne qui l’opposait à Louis Alliot, le maire de Perpignan. Les électeurs du RN ont ainsi fait leur choix et décidé de reconduire officiellement celui qui était depuis près d’une année déjà, président par intérim. Marine Le Pen l’avait en effet choisi pour garder le temple le temps de la campagne présidentielle. Lorsqu’elle avait décidé de ne pas reprendre la tête du parti, un processus électoral interne avait été lancé et Bardella et Alliot se sont seuls lancés dans la course. Le député européen de 27 ans a été élu président du RN à l’issue du congrès du parti d’extrême droite, hier. Jordan Bardella a littéralement écrasé son adversaire, Louis Aliot, en obtenant près de 85 % des voix, a annoncé la dirigeante sortante, Marine Le Pen. Le nouveau président du RN a d’ores et déjà indiqué à plusieurs reprises qu’il entendait soutenir une nouvelle candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027, alors même que celle-ci a affirmé qu’elle ne participerait plus à la course à l’Élysée après sa défaite d’avril dernier. Mais les défis auxquels doit faire face Bardella sont nombreux et il prend la tête du parti alors même que le RN est au centre d’une nouvelle polémique qui entache la minutieuse stratégie de dédiabolisation élaborée par Marine Le Pen. En effet, jeudi dernier, tandis que le député de la France Insoumise, Carlos Martens Bilongo, interrogeait le gouvernement sur le danger encouru par le navire de l’ONG SOS Méditerranée, transportant des migrants cherchant à accoster sur les côtes européennes, le député RN de Gironde, Grégoire de Fournas, a lancé : «Qu’ils retournent en Afrique». Une interpellation interprétée sur tous les bancs de l’Assemblée, hormis ceux du RN, comme raciste, visant aussi potentiellement personnellement le député noir de La France Insoumise. Si l’élu nationaliste de Gironde s’offusque «qu’on cherche à dénaturer [ses] propos pour lui faire tenir des propos dégueulasses», les responsables d’un bout à l’autre de l’échiquier politique ont unanimement condamné ses propos. «Le racisme n’a pas sa place dans notre démocratie. Le bureau de l’Assemblée se réunira et naturellement devra prendre les sanctions qui s’imposent», a tonné au sortir de l’hémicycle la Première ministre, Élisabeth Borne. De son côté, si Marine Le Pen soutient publiquement son député, en coulisse la présidente du groupe RN au Parlement fulminerait, se lamentant de voir ses efforts de «normalisation» être mis à mal par cette polémique. Reste à voir comment Jordan Bardella réussira à gérer cette affaire à l’aube de son mandat officiel à la tête du RN et s’il réussira, comme avait commencé à le faire Marine Le Pen avant lui, à lisser l’image de son mouvement pour en faire une fois pour toutes un parti comme un autre aux yeux des Français les plus récalcitrants.

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