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jeudi 30 juin 2022

Victimes

Le Canada est un pays qui aime à se faire discret sur la scène internationale et qui a souvent tendance à se mettre en arrière-plan, notamment, souvent derrière les États-Unis. Toutefois, il arrive que certains évènements forcent les canadiens à se mettre au-devant de la scène comme ce fut le cas lorsque Justin Trudeau, Premier ministre du pays, avait démarré un conflit diplomatique avec la Chine, ou aujourd’hui lorsqu’un tribunal canadien statue contre l’Iran. En effet, l’Iran a commis un acte «terroriste» en abattant un Boeing ukrainien en janvier 2020 au départ de Téhéran, a tranché ce jeudi un tribunal canadien, ouvrant la voie à une demande d’indemnisation de familles de victimes. La Cour supérieure de l’Ontario a jugé que les tirs de deux missiles contre le vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines étaient «selon toute probabilité» intentionnels, et considérés comme un «acte de terrorisme» aux yeux de la loi canadienne. «Les plaignants ont établi que la destruction du vol 752 (par l’Iran) était un acte de terrorisme», a conclu le juge Edward Belobaba, donnant raison aux quatre proches de victimes qui veulent pouvoir poursuivre l’Iran au Canada, selon leurs avocats. «La décision de la Cour supérieure de justice de l’Ontario est sans précédent dans la loi canadienne», se sont félicités leurs deux avocats, Mark et Jonah Arnold, dans un communiqué. «Elle aura un impact important pour les proches survivants des victimes qui cherchent à obtenir justice». Selon eux, cette décision ouvre la voie à des demandes d’indemnisation de ses clients envers l’Iran pour acte terroriste. Les plaignants réclament 1,5 milliard de dollars (1 milliard d’euros) de dommages et intérêts. Les États étrangers bénéficient généralement d’une immunité au Canada où ils ne peuvent être poursuivis au civil. Mais une loi datant de 2012 fait une exception pour les pays considérés comme soutenant le «terrorisme». Ottawa avait rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran la même année. Trois jours après la catastrophe du vol PS752 survenue le 8 janvier 2020 à Téhéran, les forces armées iraniennes avaient reconnu avoir abattu l’appareil «par erreur». Dans son rapport final dévoilé en mars, l’Organisation de l’aviation civile iranienne (CAO) a blanchi ses forces armées. L’Ukraine a dénoncé une «tentative cynique de cacher les vraies causes» et Ottawa un rapport «incomplet» et sans «preuves tangibles». Parmi les 176 victimes figuraient 55 citoyens canadiens et 30 passagers ayant le statut de résidents permanents. Le Canada, s’il est un pays discret, sait élever la voix lorsque ses ressortissants sont touchés, reste à voir comment Téhéran réagira face à cette décision canadienne et si la République islamique fera de son côté un geste en faveur des familles des victimes.

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