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lundi 8 août 2022

Vaccin

Si le mouvement anti-vaccinal contre le Covid-19 en France a de quoi surprendre de par sa ferveur et sa mobilisation, il connaît son pendant aux États-Unis où des millions de personnes refusent de se faire vacciner, par défiance pour les laboratoires et le gouvernement. Parmi ces «antivax» américains, se trouvent incidemment beaucoup de supporters de l’ex-président républicain, Donald Trump. Mais ces derniers ont eu visiblement un choc la semaine dernière en entendant leur favori recommander la vaccination contre le coronavirus. Des soutiens de Donald Trump, qui avaient fait le déplacement pour écouter l’ex-président américain lors d’un rassemblement organisé dans la ville de Cullman, l’ont en effet copieusement hué et sifflé après que celui-ci a recommandé la vaccination. «Vous savez quoi ? Je crois totalement en vos libertés. Vraiment. Vous devez faire ce que vous jugez bon de faire, a déclaré Donald Trump. Mais je le recommande : faites-vous vacciner. Je l’ai fait. C’est bien. Faites-vous vacciner». Face à une foule largement opposée au vaccin, et par ailleurs très peu masquée, le 45e président des États-Unis n’a pas convaincu sur ce point. Sifflements et huées ne se sont pas fait attendre. L’ex-dirigeant, soucieux de revenir en politique et de séduire pour cela sa base électorale (8 électeurs sur 10 ont voté Trump à la dernière présidentielle américaine en Alabama), a insisté sur l’importance des libertés de chacun, tout en répétant l’importance de se faire vacciner. Très réticente au vaccin, la ville hôte du rassemblement, Cullman, a déclaré l’état d’urgence sanitaire jeudi, deux jours avant le discours de Donald Trump. Elle vient de dépasser son pic de contaminations, atteint en décembre dernier. «C’est d’accord. Vous êtes libres, a-t-il réagi après les sifflements. Mais il se trouve que je me suis fait vacciner. Si cela ne fonctionne pas, vous serez les premiers à le savoir. D’accord ? J’appellerai l’Alabama en disant Eh, vous savez quoi ? Mais le vaccin fonctionne. Mais certes, vous êtes libres et devez garder cette liberté». Malade du Covid-19 en octobre dernier, Donald Trump avait été bien plus gravement touché que ce qu’il avait bien voulu admettre, révélait quelques mois plus tard le «New York Times». Ses proches avaient même craint qu’il ne doive être placé sous respirateur, indiquait le quotidien américain. Pas de quoi convaincre néanmoins ses plus fervents supporters de l’importance de se faire vacciner. Surtout, la surprise de ses partisans est étrange lorsque l’on sait que Donald Trump est celui qui a financé à coup de milliards le vaccin Pfizer, premier vaccin à être validé par l’OMS et que le républicain avait même fait de la course au vaccin l’un de ses arguments de campagne. Mais les anti-vaccin se sont tant radicalisés ces derniers mois que quiconque aura un discours, ne serait-ce que de «recommandation», se verra aussitôt traité de «traître» et de «vendu». Peu de marge de manœuvre donc même pour Trump qui voit une partie de son électorat lui tourner le dos.

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