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vendredi 18 juin 2021

Union

François Hollande, qui a été premier secrétaire du Parti socialiste durant plus de onze années et président de la République, ne se gêne pas pour critiquer Olivier Faure, l’actuel patron du PS. Peut-être, d’ailleurs, que François Hollande se permet-il ces critiques plus en tant qu’ex-dirigeant des socialistes qu’en tant qu’ex-président de la République. Mais toujours est-il que les attaques incessantes de Hollande agacent au plus haut point Olivier Faure qui ne supporte plus l’attitude de l’ex-chef d’État. Cette semaine, l’ancien président socialiste a critiqué une fois encore la stratégie du premier secrétaire : vouloir rassembler la gauche, mais pas obligatoirement derrière un candidat PS. «Ce n’est pas l’union qui fait la force, mais la force qui fait l’union», a encore voulu rappeler François Hollande lors de la commémoration de la victoire de François Mitterrand en 1981, dimanche au Creusot. Manière d’inviter les socialistes à renforcer leur parti, pour redevenir la force incontestable de gauche. «Un PS fort je veux bien… Mais je n’ai pas hérité du Parti socialiste à 40 % ou 50 %, j’en ai hérité à 6 %», a répliqué Olivier Faure hier. Le chef du parti de la rose a ainsi interpellé Hollande, estimant qu’«il faut s’appliquer à soi-même les leçons qu’on donne». «On ne peut pas en permanence faire la leçon quand on a une responsabilité dans l’échec de la gauche», a-t-il insisté. «Il faut maintenant que tout le monde se mette sur le pont, que tout le monde cherche à avancer plutôt qu’à penser à soi quand il faudrait penser collectif», a affirmé Faure, assumant son envie de «penser au-delà du PS» pour permettre une victoire de la gauche au sens large en 2022. François Hollande estime, lui, au contraire, que le PS d’aujourd’hui a tout intérêt à «retenir les leçons» des victoires socialistes d’hier, à commencer par la sienne en 2012. «Est-ce que la gauche qui a été victorieuse en 1981, également en 1997 avec Lionel Jospin et en 2012 avec moi, peut de nouveau être un facteur d’espérance ? Ou est-ce que cette histoire est terminée ? Non cette histoire n’est pas terminée», a affirmé le deuxième président socialiste de la Ve République, hier matin. Selon l’ancien chef d’État, cette volonté de rassemblement de la gauche prend le dessus sur le fond. «Le problème, c’est que la gauche ne propose rien. Elle est toujours en train de rechercher je ne sais quelle union, de provoquer je ne sais quelle réunion, d’assurer qu’elle va se mettre d’accord (mais) ne se met d’accord sur rien», a-t-il étrillé. «Ce que je propose, c’est tout simple. C’est que d’abord une force politique, socialiste, fasse un projet, un programme, et l’ouvre à la discussion avec les partenaires et avec les Français», a-t-il, une nouvelle fois, proposé. Mais ces propositions ne trouvent que peu ou pas d’écho chez les socialistes, qui semblent avoir intégré leur faiblesse sur l’échiquier politique et qui veulent s’assurer de s’allier au bon cheval pour 2022 pour espérer, pourquoi pas, pouvoir jouer un rôle plus important dans le futur, même si cela doit être un rôle de second couteau.

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