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samedi 25 juin 2022

Une nouvelle vague ? Peut-être, mais alors à notre échelle

Avec par jour quelque 200 nouvelles contaminations et une dizaine de décès, ce qui en Méditerranée en fait le pays le moins atteint par le Covid-19, l’Algérie figure pourtant dans le peloton de tête des pays africains faisant état des chiffres les plus élevés. Elle se classe à la 9e position pour le nombre des infections quotidiennes, à cet égard plus bas que la Libye, mais devant celle-ci pour le nombre total des décès. La Libye, dont la population est très inférieure à la sienne, est en effet le pays dont le bilan épidémique se rapproche le plus du sien, même si pour le nombre des contaminations leur différence est assez marquée, celui rapporté par la Libye étant sensiblement supérieur. On ne peut exclure que cela soit dû pour l’essentiel à la crise politique qu’elle connaît depuis maintenant une décennie. Reste que l’Algérie est le pays qui des deux côtés de la mer s’en sort le mieux, ce qu’elle doit vraisemblablement aux bonnes mesures prises par son gouvernement depuis le début de la pandémie. On ne le croirait cependant pas sur la foi des commentaires de certains des journaux locaux, qui font profession d’alarmisme, et quelquefois dans le catastrophisme, à la moindre recrudescence de l’épidémie.

A les lire, on se demande si ce ne sont pas de scènes brésiliennes ou indiennes qu’ils s’inspirent en rapportant ce qu’ils prétendent avoir vu dans les hôpitaux et les cimetières algériens. Tout ce qui ne s’y voit pas, eux étrangement l’ont vu. Ou plus exactement l’ont imaginé pour les besoins de la cause. De leur cause. Il y a quelques jours seulement, le nombre des nouveaux cas était dans une lente décroissance, étant descendu à un certain moment sous la barre des 100, avant de renverser brusquement son cours. Pour l’heure, alors qu’on assiste à un rebond, ce même nombre ne s’est toutefois pas envolé, il est à peine supérieur à 200. Il a même baissé deux fois de suite. Bien qu’il soit passé en l’occurrence du simple au double, les quantités en cause restent modiques. De 1 à 2, la hausse est là aussi du simple au double. Bien des pays dans le monde ne demanderaient qu’à connaître la même situation que la nôtre, y compris parmi nos voisins les plus proches, qui pourtant ne sont pas parmi les plus lourdement frappés. On se demandait l’autre jour si présentement on avait ou non affaire à une troisième vague au vu du regain qui alors se déclarait. Eh bien, on ne peut toujours pas répondre d’une façon certaine à cette question. Ce dont on peut être en revanche sûr, c’est que toutes ces notions, de flux et reflux, de vague, et ainsi de suite, aujourd’hui monnaie courante à travers le monde, ne revêtent pas le même sens selon les pays et les régions. Pour nous, on passe du langage de l’amélioration, de la décrue, à son contraire, celui de l’aggravation, à une échelle qui nous est propre. Ainsi de 100 à 200 nouvelles contaminations par jour, c’est déjà pour nous une vague, avec tout ce que le mot véhicule de sinistre. On se sent déjà submergé, en train d’être englouti. Les mêmes chiffres, y compris chez nos voisins de ce côté-ci de la mer, auront une tout autre signification. Pour nos voisins de l’autre côté de la mer, il en faudrait beaucoup plus pour les intimider, eux dont les chiffes changent quotidiennement par des cents et des mille, et plus souvent à la hausse qu’à la baisse.
M. H.

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