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samedi 24 février 2024

Une coupe supplémentaire de l’Opep+ pour le 1er trimestre 2024 : L’Algérie réduit sa production de 51.000 b/j

 

Par Lynda Naili

 

Lors de leur 36ème réunion ministérielle tenue hier par visioconférence, les pays membres de l’Opep+ ont convenu de réduire encore une fois la production de pétrole de 1 million de barils supplémentaire par jour durant le 1er trimestre 2024, et ce pour tenter d’enrayer la baisse des prix sur le marché.

 

L’Algérie, pour sa part, procédera à une baisse volontaire et additionnelle de sa production de pétrole brut de 51.000 b/j durant cette même période. Sur un autre registre, 36ème réunion ministérielle Opep+ aura été marquée par l’annonce concernant le Brésil qui rejoindra en janvier 2024 l’alliance pétrolière.

 

A l’issue de la 36ème réunion ministérielle Opep+ tenue avec la participation de l’Algérie, les ministres de l’Energie et ceux en charge du pétrole ainsi que les représentants des pays de cet alliance pétrolière, ont décidé de sabrer 1 million de barils supplémentaire par jour de la production de pétrole. A cette décision, s’ajoute celle de l’Arabie saoudite qui a annoncé le maintien de sa réduction volontaire d’un million de barils de pétrole par jour jusqu’à fin mars 2024, et ce dans le cadre d’une mesure prise « coordination avec certains pays membre de l’Opep+.

 

Pour sa part, l’Algérie de manière préventive en coordination avec plusieurs membres de l’Opep+, a décidé de procéder à une réduction volontaire et additionnelle de sa production de pétrole brut de 51.000 b/j entre le 1er janvier et le 31 mars 2024, portant ainsi son offre à 908.000 b/j au cours de cette période, a déclaré le ministère de l’Energie et des Mines, dans un communiqué. Et de souligner que « par la suite, afin de soutenir la stabilité du marché, ces volumes déduits seront restitués progressivement en fonction des conditions du marché ». Rappelant ainsi que « cette réduction volontaire s’ajoute à la réduction de 48.000 b/j annoncée précédemment en avril 2023, qui s’étend jusqu’à fin décembre 2024 ».

 

L’Opep+ s’engage à maintenir la réduction durant 2024

 

Dans ce contexte, le ministère de l’Energie et des Mines, a fait savoir qu’au terme des discussions menées durant cette 36ème réunion ministérielle des treize pays de l’Opep et les dix autres non- Opep, tous appelés depuis 2016 Opep+, « ont décidé de réaffirmer leurs engagements de réduction de leur production pour l’ensemble de l’année 2024, conformément aux niveaux convenus lors de la 35ème réunion ministérielle du 4 juin 2023 » en opérant une coupe de production de pétrole de 1 million de barils supplémentaire par jour. « Il est apparu de manière évidente que les décisions prises, collectivement et individuellement, pour ajuster la production des pays de l’Opep+ au cours de cette année ont été bénéfiques et ont démontré leur efficacité pour atteindre l’équilibre et la stabilité du marché », a relevé le communiqué du département de Mohamed Arkab. En outre, a ajouté la même source, les participants soulignant « l’incertitude de l’évolution à court terme de la conjoncture économique mondiale en raison d’une croissance atone dans les pays industrialisés, d’une inflation encore élevée ainsi que du rebond modéré de la croissance économique dans de nombreux pays émergents », ont estimé que « même si la demande mondiale de pétrole se maintient pour le moment à des niveaux relativement appréciables grâce à l’essor du secteur des transports et de la pétrochimie, les incertitudes qui pèsent sur la croissance économique de nombreuses régions sont de nature à contenir son accroissement au cours des prochains mois ».

 

Dans ce sens, l’Opep dans un communiqué publié sur son site a écrit «la réunion a réaffirmé l’engagement continu des pays participants à la Déclaration de coopération (DoC) pour assurer un marché pétrolier stable et équilibré », et « a réaffirmé le cadre de la Déclaration de coopération, signé le 10 décembre 2016 et approuvé lors de réunions ultérieures, notamment la 35e réunion ministérielle de l’OPEP et des pays non-OPEP le 4 juin 2023 ; ainsi que la Charte de Coopération, signée le 2 juillet 2019 ». Et de noter à ce sujet que « conformément à la décision de la 35ème réunion ministérielle de l’Opep et des non- Opep, l’achèvement de l’évaluation par trois sources indépendantes (IHS, Wood Mackenzie et Rystad Energy) du niveau de production pouvant être atteint en 2024 par l’Angola, Congo et Nigeria comme suit : Angola à 1 110 t/bj, Congo à 277 t/bj et Nigeria à 1 500 t/bj ». Pour conclure Le Secrétariat de l’OPEP a fait savoir que « la 37ème réunion ministérielle OPEP et non-OPEP se tiendra le 1er juin 2024 à Vienne ».

 

Des réductions volontaires supplémentaires de 2,2 millions b/j

 

Par ailleurs, dans un second communiqué, l’Opep a fait savoir que « plusieurs pays de l’Opep+ annoncent des réductions volontaires supplémentaires pour un total de 2,2 millions de barils par jour visant à soutenir la stabilité et l’équilibre des marchés pétroliers ». Et d’expliquer que « ces réductions volontaires sont calculées à partir du niveau de production requis pour 2024, conformément à la 35ème réunion ministérielle de l’Opep tenue le 4 juin 2023, et s’ajoutent aux réductions volontaires précédemment annoncées en avril 2023 et prolongées par la suite jusqu’à la fin de 2024 ». « Ces réductions volontaires supplémentaires, précise la même source sont respectivement l’Arabie Saoudite avec 1 000 mille b/j), l’Irak avec 223 000 b/j, les Emirats-arabes –unis avec 163 000 b/j, le Koweït avec 135 000 b/j, le Kazakhstan avec 82 000 b/j, l’Algérie avec 51 000 b/j et Oman avec 42 000 b/j. Ces baisses s’opéreront à partir du 1er janvier jusqu’à fin mars 2024 ». Par la suite, poursuit le communiqué de l’Opep, « afin de soutenir la stabilité du marché, ces réductions volontaires seront restituées progressivement sous réserve des conditions du marché ». « Ce qui précède s’ajoutera à la réduction volontaire annoncée par la Russie de 500 000 b/j pour la même période, qui sera réalisée à partir des niveaux d’exportation moyens des mois de mai et juin 2023, et comprendra 300 mille b/j de pétrole brut et 200 mille b/j de produits raffinés », a conclu le document de l’alliance pétrolière.

 

 

 

Le Brésil rejoindra l’Opep+ en 2024

 

Lors de cette rencontre organisée par visioconférence l’OPEP+ a invité le Brésil rejoindrait les 13 pays producteurs de pétrole et leurs alliés. Qualifiant sa participation de « moment historique pour le Brésil, qui ouvre un nouveau chapitre du dialogue et de la coopération internationale sur l’énergie», à l’invitation de ses hôtes, le ministre brésilien de l’Energie, Alexandre Silveira, a répondu que son pays rejoindrait l’alliance pétrolière qui contrôle actuellement environ 40 % de la production mondiale de pétrole, en 2024. Ce que l’Opep+ a repris dans son communiqué publié à l’issue d’une réunion des membres de l’alliance en affirmant que « le Brésil rejoindra la Charte de coopération OPEP+ à partir de janvier 2024 ». Pour rappel, le Brésil est le plus grand producteur de pétrole d’Amérique du Sud et fait partie des dix premiers producteurs mondiaux de brut. Selon le rapport « Perspectives pétrolières mondiales 2023 » de l’OPEP, publié en octobre, le Brésil produit actuellement quelque 3,2 millions de barils de brut par jour.

 

L.N.

 

 

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