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mardi 27 septembre 2022

Une contre-offensive étouffée dans l’œuf ?

La contre-offensive ukrainienne, annoncée depuis des semaines, pour reprendre Kherson, aux mains des Russes depuis le début de la guerre, a finalement commencé, il y a de cela trois jours. Mais déjà une question de fond se pose à son sujet : s’agit-il vraiment d’une offensive ou d’une parodie d’offensive, d’un faux semblant, juste pour faire croire aux pourvoyeurs d’armes et de fonds, les Occidentaux, qu’ils n’ont pas eu tort, qu’ils ont bien parié sur le bon cheval, que le cours de la guerre se renverse, et que cela se poursuivra jusqu’à la libération de la toute la Crimée et de tout le Donbass. Le président Zelensky a averti sur un ton plein de solennité les soldats russes : partez, quittez l’Ukraine, retournez chez vous si vous tenez à la vie ; il en est encore temps, mais dès demain ce sera trop tard. En principe, une offensive d’envergure commence par une campagne de bombardements sur les lignes ennemies en vue principalement de les désorganiser. Ensuite seulement les troupes se lancent à l’attaque. A Kherson aussi, la campagne a commencé par des bombardements, mais pas sur Kherson cependant, sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, au risque de lui porter un coup fatal.

Deuxième particularité de ces bombardements prélude à l’offensive sur Kherson : les Ukrainiens s’en lavent les mains, ils les attribuent aux Russes, assez bêtes et suicidaires, à les en croire, pour se bombarder eux-mêmes, étant donné que ce sont eux qui tiennent la centrale, la plus importante d’Europe. La contre-offensive coïncide avec l’arrivée de la mission de l’AIEA à Kiev. Ces inspecteurs théoriquement n’ont pas pour but de déterminer qui sont les auteurs de ces bombardements, réguliers depuis des jours, mais de vérifier l’état des installations, et de mesurer le taux de radioactivité dans leurs parages, tout à fait normal ont d’ailleurs dit et répété les Russes, qui tout de même sont sur place et connaissent un peu leur affaire. Si par extraordinaire, ce sont quand même eux qui se bombardent, et que les inspecteurs de l’AIEA en viennent à le savoir, nul doute alors, ils ne le garderont pas pour eux-mêmes, ils le crieront par-dessus les toits. Mais s’ils se rendent compte de ce que tout le monde sait déjà, à savoir qu’en réalité, ce sont bien les Ukrainiens les coupables, alors il n’est pas évident qu’ils s’empresseront à le porter à la connaissance du monde. Le plus probable en effet est qu’ils feront alors comme les Occidentaux, qui font semblant de ne pas savoir qui des Russes et des Ukrainiens sont en train de prendre le risque d’endommager la centrale nucléaire. Il en est des tirs sur cette dernière comme de la contre-offensive sur Kherson : une comédie, dangereuse sans doute, mais comédie quand même. Le bilan russe des pertes ukrainiennes au cours des premières 24 heures de la contre-offensive est éloquent, s’il est exact. Plus de mille soldats déjà mis hors de combat. De l’armement et du matériel détruits en quantité impressionnante. Pour que les Américains en arrivent à ne trouver qu’un seul sujet de satisfaction, le fait que les Russes aient bombardé avec des missiles de précision des leurres de leurs lance-roquettes Himars, il faut que ce bilan, bien que dressé par les Russes, ne soit pas pure fantaisie de leur part. Et encore, il n’est pas sûr qu’en l’espèce leur satisfaction soit justifiée. Certes, les Russes ont gaspillé des missiles coûteux pour frapper de faux Himars. Cela n’enlève rien à la précision de ces missiles.

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