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mercredi 8 février 2023

Une conséquence de la guerre sans la guerre

Si la nouvelle guerre en Europe, prise au sens strict d’affrontements meurtriers et de destructions, reste confinée dans un seul pays, l’Ukraine, avec cependant de temps à autre des débordements limités sur la Russie, au nord-est, il en est différemment de ses conséquences qui elles se font déjà sentir sur tout le continent. En ce sens, on peut dire qu’elle se déroule bel et bien en Europe, qu’elle est donc européenne, dans ses causes comme dans ses effets. Avec l’hiver qui s’installe, une arme dont la Russie compte tirer le meilleur parti, elle le sera encore davantage, même si le champ de bataille n’est selon toute apparence pas appelé à sortir de ses limites actuelles. La guerre doit rester en Ukraine, sinon elle devient pleinement, concrètement, matériellement, ce qu’elle est déjà quant au fond : un conflit opposant une alliance militaire comptant trente membres, à savoir l’Otan, à la Russie, sur le sol ukrainien. Mais il y a une conséquence probable à laquelle les Européens auront tout fait pour échapper, mais qui si malgré leurs efforts ils n’y parvenaient pas tout à fait, ce serait comme si la guerre arrivait chez eux : la pénurie d’énergie. Cette pénurie, comme celle de l’alimentation, sont en effet le propre des guerres.

Où que l’on soit, si loin qu’on puisse se trouver du lieu des hostilités militaires, on est en butte à la guerre, autant dire en guerre, si l’on vient à manquer de nourriture et d’énergie. La guerre est encore loin de Paris, de Berlin ou de Londres, mais les Français, les Allemands et les Anglais, payent déjà plus cher que habitude leur alimentation, ainsi que leur facture d’énergie et leur carburant. Toutefois, comme ils n’en manquent pas, ils ne connaissent ni le froid ni la faim, même si déjà un nombre croissant d’entre eux a du mal à subvenir aux besoins de base. De cela la guerre en Ukraine n’est pour rien, jusqu’à présent en tout cas. L’inflation n’est pas son effet, s’étant déclarée bien avant qu’elle-même n’éclate. On ne saurait même pas dire dans quelle mesure elle y contribue en ce moment. On n’en veut pour preuve que le fait que le prix du baril de pétrole a tendance à revenir à son niveau d’avant. Ce qui fait que les prix renchérissent, c’est la hausse des matières premières, dont celui du pétrole, mais il est loin d’être le seul. Il en est de même du spectre de la pénurie d’énergie qui plane aujourd’hui sur l’Europe – sur l’Europe seule, non sur l’Occident dans sa totalité. Il ne doit rien à la guerre directement. S’il y a pénurie d’énergie, ce sera par la faute des décisions prises par les dirigeants européens de se passer du pétrole et du gaz russes. Pour autant, ce sera une conséquence de la guerre. Les peuples qui ont froid, ce sont les peuples qui sont en guerre. Si dans les jours qui viennent, les Européens ont froid, alors ce sera comme s’ils étaient en guerre. Ils auront froid s’il y a des coupures à répétition d’électricité et de gaz. La guerre sera arrivée dans ce cas dans leurs villes et leurs campagnes même si les combats n’ont pas bougé de place, qu’ils sont restés en Ukraine. Dans nombre de pays européens, on a appris aux gens comment réagir à une panne d’électricité tombant au mauvais moment au mauvais endroit. Mais pas dans tous, pas en France par exemple, où les gouvernants ont dit et répété que les réserves de gaz sont pleines, mais que néanmoins des mauvaises surprises sont théoriquement possibles, dans le réseau électrique en particulier. Mais pas de panique, ce ne sera jamais des coupures, mais juste des délestages de courte durée, de deux ou trois heures tout au plus. Qu’on se rassure, ce n’est pas la guerre.

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