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mardi 26 octobre 2021

«Un triomphe»: Histoire vraie d’un atelier de théâtre hors norme en prison

Quand la culture s’invite dans le milieu carcéral, les résultats sont parfois étonnants. Le film «Un Triomphe» avec Kad Merad à l’affiche est sorti en salle hier 1er septembre. Pour raconter le lien entre cette fiction et l’histoire vraie qui avait fait l’objet d’un documentaire en 2005, le réalisateur Emmanuel Courcol et le comédien Jan Jönson, qui a inspiré l’intrigue, se sont confiés au HuffPost.
Le long-métrage raconte l’histoire d’un comédien qui veut redonner un sens à son parcours professionnel et personnel. Il va alors prendre la décision d’animer un atelier de théâtre dans une prison. Étienne, joué par Kad Merad, ne recule devant rien, ni les règles strictes que lui impose l’administration pénitentiaire ni les doutes exprimés par les détenus qui ne s’estiment pas assez cultivés pour jouer devant un public.
Il est déterminé à leur faire apprendre «En attendant Godot» de Samuel Beckett, une pièce qui symbolise l’attente et l’absurde, une métaphore de la vie quotidienne en prison selon lui. Le principal pour le comédien c’est de révéler le talent caché de ces prisonniers et de montrer aux spectateurs qu’eux aussi peuvent devenir acteurs. L’intrigue du film est inspirée de l’histoire de Jan Jönson, un comédien qui avait œuvré à Kumla, une prison de haute sécurité en Suède dans les années 1980. Cependant, contrairement au film d’Emmanuel Courcol, l’occasion de rencontrer des détenus s’est présentée à lui un peu par hasard lors d’une représentation théâtrale.
«La différence avec ce film, c’est essentiellement la raison pour laquelle le personnage d’Étienne arrive en prison pour donner des cours de théâtre», explique le Suédois de 73 ans au HuffPost. «Pour ma part, j’étais en train de réciter un monologue devant un public, mais dès les premières répliques, un spectateur se mettait à me répondre, ce qui est assez inhabituel au théâtre. À la fin de la représentation, il est venu me parler pour me demander de venir jouer dans la prison où il travaillait en tant que directeur». Jan Jönson accepte et se retrouve à devoir faire une représentation en prison. Alors qu’il se produisait devant des dizaines de personnes, certains l’insultent et ne l’écoutent pas. Mais la fin de la pièce, plusieurs prisonniers viennent le voir en le remerciant. «Il y a cet homme qui m’avait fait un doigt d’honneur et qui est revenu vers moi à la fin de ma prestation en m’offrant une rose et en me remerciant», déclare Jan Jönson en souriant.
H. B.

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