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mercredi 22 mai 2024

Un round des négociations probablement lui aussi voué à l’échec

Le chef de la CIA William Burns est depuis avant-hier au Caire dans une mission consistant à faire un maximum de pression sur les intermédiaires arabes, qui à leur tour en feront sur les représentants du Hamas, mais pas sur Israël, qui lui a décidé de n’envoyer personne parler en son nom à ce nouveau round de la négociation, en cours depuis maintenant des mois sans pouvoir déboucher sur rien. En principe Burns ne parle pas directement aux représentants d’une organisation que les Etats-Unis qualifient de terroriste, mais c’est probablement à cela qu’il est occupé aujourd’hui, tout en prenant soin de ne pas se laisser prendre sur le fait. Israël n’a dépêché cette fois-ci aucun négociateur, justifiant son absence par ceci qu’il est pour le moment dans l’attente de la réponse du Hamas à son offre de trêve faite il y a quelques jours, laquelle tarde à venir. Il lui faudrait en connaître les termes avant de rien aviser. La réalité, c’est que d’une part, il ne veut pas d’un accord dont la traduction réelle ne serait pas la soumission du Hamas, et que de l’autre il est très bien pour l’heure représenté par le chef de la CIA lui-même. Celui-ci du moins n’a pas pour stricte obligation d’écouter seulement ce que dit le Hamas avant de le rapporter tel quel à Benyamin Netanyahou, à qui il reviendra ensuite de répondre.

Le chef de Burns, c’est un autre, c’est le président des Etats-Unis, Joe Biden. Or ce dernier veut un accord, différent en ceci de celui que recherchent les responsables israéliens qu’il n’a pas pour traduction immédiate la reddition du Hamas, un objectif d’ailleurs hors d’atteinte pour le moment. L’administration Biden aspire à un accord, non pas tant parce qu’elle veut la paix à Ghaza que parce que la guerre à Ghaza peut lui faire perdre l’élection du 5 novembre. Si elle avait la certitude qu’elle remporterait cette dernière dans tous les cas de figure, y compris donc si l’offensive sur Rafah était lancée, elle serait aujourd’hui sur la même position que Netanyahou ou Ben-Gvir, ou Smotrich. William Burns ne serait pas aujourd’hui au Caire en train de peser de tout son poids pour forcer le Hamas à accepter une trêve aux conditions d’Israël. Comme le Hamas probablement ne cèdera pas à son forcing, ce nouveau round de la négociation semble condamné lui aussi à l’échec. Il est temps de s’en faire une raison. Un accord a été possible l’année dernière parce qu’il ne portait que sur une trêve avec échange de prisonniers. Il a tenu une semaine. Si par accord on entend un ensemble de clauses convenues entre des belligérants désireux tous deux de mettre fin aux hostilités, alors cela n’est pas possible dans le cas présent, pour la bonne raison qu’il n’y a qu’une seule partie pour l’entendre de cette façon, c’est le Hamas. Israël lui ne veut pas d’un accord, mais la soumission, la reddition du Hamas, c’est-à-dire à terme son élimination définitive. Les Etats-Unis ne l’entendent pas autrement. Pour eux aussi le but véritable de la guerre est l’éradication du Hamas. Ils veulent juste remettre à plus tard la réalisation de cet objectif, à l’après-réélection de Joe Biden, de peur de compromettre cette dernière s’ils font preuve de la même impatience qu’Israël. Voilà pourquoi les chances d’aboutir du round actuel de la négociation sont des plus réduites, pour ne pas dire nulles. Un accord, s’il survenait malgré tout, serait un retour à la situation d’avant le 7 octobre. Or jamais Israël et les Etats-Unis ne voudraient d’une situation qui rendrait possible la répétition du 7 octobre.

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