8.9 C
Alger
mercredi 28 février 2024

Un procès en destitution déjà perdu par les démocrates

Pour gagner le procès en destitution contre Donald Trump, les démocrates ont besoin que 17 voix républicaines se joignent aux leurs, elles-mêmes au nombre de 50, pour que la condition sine qua non des deux tiers de sénateurs votant la condamnation soit remplie. Jusqu’à encore récemment, ce scénario, bien que difficilement envisageable pour la plupart des observateurs, ne pouvait quand même pas être rejeté par avance comme quelque chose de tout à fait impossible. Les démocrates en tout cas ne perdaient pas espoir que cette divine surprise, qui leur permette ensuite de faire voter à une majorité simple la sentence de mort politique de Trump, en le privant de son droit à se représenter à quelque fonction élective que ce soit, se produise malgré tout. Ils comptaient beaucoup là-dessus sur le premier des sénateurs républicains, Mitch McConnell, à qui il était déjà arrivé de dire qu’il considérait Trump responsable de l’envahissement du Capitole par la foule le 6 janvier. Avec une telle opinion, pensaient-ils à juste titre, le sénateur du Kentucky ne pourrait que voter le moment venu pour la destitution, entraînant ce faisant avec lui le nombre des voix républicaines qui leur manquaient pour sortir Trump de la scène politique après l’avoir forcé à quitter la Maison-Blanche.

Ce n’est en effet qu’à cette condition qu’il serait neutralisé. Un Trump qui conserverait tous ses droits politiques, et donc celui de prendre part à la présidentielle de 2024, se remettrait en campagne dès le prononcé de son acquittement, encouragé en cela par son statut renouvelé de leader incontesté de son camp. La campagne présidentielle débuterait dès ce moment, d’autant qu’une échéance intermédiaire se profile déjà : les élections de mi-mandat, dont rien ne dit par avance qu’elles ne seraient pas remportées par les républicains. Or il y a moins d’une semaine, une motion des républicains dans laquelle ils contestaient la constitutionalité du procès en destitution intenté contre un président qui n’était plus en fonction n’a été rejetée qu’avec l’appui de 5 voix seulement républicaines. Elle n’a été rejetée ni par le leader des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, ni par leur chef de file au Sénat, McConnell, qui pourtant avaient impliqué directement Trump dans l’acte insurrectionnel du 6 janvier. Le résultat de ce vote, 55-45, annonce clairement l’acquittement prochain de Trump. Des 17 voix républicaines manquant aux démocrates pour obtenir la condamnation de Trump, ceux-ci ne peuvent compter que sur 5, ce qui pour le moins n’est pas suffisant. Ils peuvent toujours s’entretenir dans l’illusion que les jeux ne sont pas encore faits, que les débats au cours du procès sont susceptibles de retourner des républicains, la réalité est qu’ils ont déjà perdu la partie. Leur procès est mort-né. Pire encore, il renforce celui contre lequel il est intenté. Son acquittement en fera plus que jamais le leader de tout son camp, ou quasiment, alors que jusque-là il n’a été pleinement soutenu que par sa moitié. Ce sont les 5 républicains ayant voté contre Trump qui probablement seront évincés du parti. Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, avisée comme elle est souvent, n’exclut même plus que la violence ne vienne pas dans la suite des événements de l’extérieur mais éclate de l’intérieur. Pour s’en prémunir elle préconise la mise en place de portiques détecteurs des métaux par lesquels les représentants devront passer avant de rentrer dans la Chambre. Seul moyen en effet d’enlever leurs armes à feu à ceux des représentants qui voudraient faire un massacre de leurs adversaires.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img