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mardi 9 août 2022

Un nid de contamination par le Covid-19 / Cours de soutien : pas de vacances pour l’arnaque

Les cours de soutien sont un nid de contamination par le Covid-19. En effet, depuis le début des vacances scolaires d’hiver, plusieurs enseignants ont décidé de doubler les séances, entassant des groupes de plus de 40 élèves dans des garages sans aération et sans aucun respect des mesures de prévention contre la pandémie de Covid-19.

Par Thinhinane Khouchi

Si habituellement les établissements scolaires restent ouverts durant la première semaine de vacances pour assurer des cours de soutien gratuits aux élèves ayant rencontré des difficultés ou ceux désireux de mieux se préparer pour le trimestre prochain, cette année ils ont été fermés pour cause de pandémie.
En revanche, dans des garages, ces mêmes élèves s’entassent en groupes dépassant les 40 personnes, sans aucun respect des mesures de prévention, ni masque, ni distanciation. En effet, depuis le début des vacances scolaires d’hiver, les enseignants qui assurent les cours particuliers ont proposé à leurs élèves de doubler les séances durant cette période. Ce qui n’est pas au goût des parents qui se voient obligés de payer plus cher les cours de leurs enfants. «En deux semaines seulement, j’ai payé plus de 7 000 DA les cours de mon fils, car son enseignante a décidé de leur doubler les heures», nous affirme Mouloud, père d’un candidat à l’examen du baccalauréat. Et d’ajouter : «Je ne peux pas refuser, car elle ne lui dispensera pas des cours à lui tout seul». Pour un autre père, «certains enseignants disent à leurs élèves que pour comprendre et être compétent, il faut suivre les cours particuliers, ce qui n’est pas juste». Il précise : «Ma fille est excellente. Cependant, son professeur de mathématiques lui a appris qu’il assure des cours et qu’il lui serait bénéfique pour se perfectionner de les suivre». Notre interlocuteur nous dira qu’«effectivement, son professeur donne plus de précisions et plus d’explications durant les cours de soutien qu’en classe, ce qui est illégal et non professionnel».
Il est à noter que les prix affichés sont exorbitants, car pour le primaire et le moyen, les parents payent entre 1 500 et 2 000 DA la matière. Pour les élèves du secondaire, notamment les classes de terminale, la facture est plus salée. En effet, plusieurs formules de cours particuliers sont proposées aux parents. Les tarifs d’un groupe normal, dont le nombre d’élèves dépasse parfois les 80 personnes, est fixé entre 2 500 et 2 600 DA. Le groupe dit spécial, souvent composé de 40 à 60 élèves, est à 3 500 DA. Quant aux cours individuels, ils sont à 2 000 DA l’heure par matière. Kamel, un parent d’élève, nous a confié que l’année dernière, le baccalauréat de son fils lui a coûté pas moins de 200 000 dinars entre cours particuliers dans deux matières seulement. Malheureusement, ne voyant que leurs intérêts, ces commerçants du savoir n’imposent aux élèves aucun respect des mesures de prévention au moment où les cas de contamination par la pandémie de Covid-19 sont de plus en plus nombreux. L’absence de masque de protection et de la distanciation est tellement flagrante que le risque de contamination est inévitable.

T. K.

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