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vendredi 2 décembre 2022

Un mois et plus de revers pour la Russie

Depuis début septembre, les forces russes engagées dans ce que Moscou s’obstine à appeler l’opération militaire spéciale en Ukraine ont dû reculer au nord-est, cédant aux attaquants ukrainiens Izioum d’abord dans l’oblast de Kharkiv, puis Lyman dans celui de Donetsk, malgré tout annexé quelque temps plus tard à la Russie. Elles ont reculé aussi, mais dans une moindre mesure, au sud, dans les parages de Kherson, où il semble qu’elles aient fait preuve d’une plus grande pugnacité. Les revers ne s’arrêtent pas là, puisque vers la fin de ce même mois de septembre, un autre coup est porté à la Russie, hors du champ de bataille ukrainien pour ce qui le concerne, dans lequel probablement les Ukrainiens ne sont pour rien : le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2. Cet acte de guerre est le premier à se produire hors des frontières à la fois de l’Ukraine et de la Russie, dans les eaux internationales de la mer Baltique, et selon toute apparence du fait d’une partie tierce, néanmoins profondément impliquée dans la guerre en Ukraine. Les Etats-Unis sont fortement soupçonnés d’en être les auteurs. Ce revers lui-même est double, la Russie n’ayant pas seulement subi à cette occasion un dommage matériel, mais le refus des pays riverains, la Suède et le Danemark, de l’associer à l’enquête.

En fait, elle n’est même pas autorisée à avoir accès aux gazoducs, comme si leur sabotage l’en avait dépossédée par-dessus le marché. Et voilà qu’un deuxième sabotage a lieu, pas plus tard qu’il y trois jours, sur une autre artère, d’un prix non moins élevé aux yeux des Russes, d’une utilité équivalente, si toutefois les dégâts ne sont pas comparables à ceux du premier : l’explosion survenue sur le pont de Crimée, l’ouvrage reliant la péninsule à la Russie, objet de grande fierté pour les Russes. Kiev ne l’a pas revendiqué, lui qui pourtant a plus d’une fois dit qu’il voyait dans le pont une cible légitime, du moment qu’il se trouve en Ukraine. Les deux actes ont en commun d’être spectaculaires. Le deuxième n’en est pas moins plus lugubre, quand du moins on se place au point de vue russe. En effet, il s’est produit en territoire russe. Qui plus est, ce sont selon toute apparence des Russes qui l’ont commis. Le matériel explosif a été chargé sur un véhicule russe, conduit par un russe. Si ce sont des non-Russes qui s’étaient attaqués à Nord Stream, ce sont vraisemblablement des Russes qui ont voulu faire sauter le Pont de Crimée. On savait que tous les Russes n’étaient pas pour la guerre, qu’une partie d’entre eux se sentaient, se vivaient des Occidentaux comme les autres. Il est possible qu’ils soient passés à l’action. Le sabotage du pont de Crimée n’est d’ailleurs même pas leur premier attentat, celui-ci étant l’assassinat de Daria Douguine, fille de l’idéologue Alexandre Douguine, réputé un proche de Vladimir Poutine, le 20 août dernier. Moscou a toujours mis en garde Kiev contre une attaque ciblant le pont de Crimée, lui promettant les pires représailles s’il passait outre ses avertissements. Or voilà que peut-être ce sont des Russes qui de leur propre chef ont fait le travail pour lui, sans concertation avec lui. En tout cas une chose semble certaine : si des Russes ont pris les armes contre Moscou, cela se saurait bientôt.

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