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samedi 25 juin 2022

Un an après la reprise de la lutte armée: La question sahraouie demeure consacrée dans les résolutions internationales

La cause sahraouie a réalisé, depuis le 13 novembre 2020, date de reprise de la lutte armée, des acquis diplomatiques maintenant cette question à l’ordre du jour des réunions des organisations internationales, alors que Rabat misait sur l’accord de normalisation avec l’entité sioniste en contrepartie de la reconnaissance par l’administration de Trump de «la souveraineté» prétendue sur le Sahara occidental, mais en vain.

Par Maya G.

La violation par le Maroc de l’Accord de cessez-le-feu signé entre les deux parties en 1991 sous l’égide de l’ONU et l’agression commise par ses forces militaires, en novembre 2020, contre des manifestants pacifiques dans la zone tampon d’El-Guerguerat, ont contraint le commandement sahraoui à mettre un terme au cessez-le-feu, le 14 novembre 2020.
Avec cette reprise de la lutte armée, la diplomatie sahraouie a intensifié ses contacts et ses efforts pour recouvrer les droits confisqués du peuple sahraoui, dont les richesses naturelles exploitées illégalement par la force d’occupation.
Dans ce dossier, la question sahraouie a remporté «une grande victoire», selon les observateurs. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a annulé deux accords commerciaux entre l’Union européenne (UE) et le Maroc, précisant que les deux accords avait été signés sans le consentement du peuple sahraoui.
Les deux accords «interviennent en violation des engagements de l’Union européenne (UE) dans le cadre de ses relations avec le Maroc, en vertu du droit européen et du droit international», lit-on dans un communiqué publié par les magistrats de la CJUE.

Soutien international sans précédent à une question de décolonisation
La question sahraouie a connu un soutien sans précédent qui ne cesse de s’accroître à travers le monde, étant une question de décolonisation, en vertu des résolutions de l’ONU, le mouvement de solidarité avec le peuple sahraoui s’étant élargi, particulièrement après la reprise de la lutte armée.
Convaincu de la justesse de la question, la République du Pérou a annoncé la reprise des relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui avaient été rompues depuis 1996, marquant ainsi une nouvelle victoire pour le peuple sahraoui et sa direction.
Les gouvernements de la République du Pérou et de la République arabe sahraouie démocratique ont convenu, le 8 septembre 2021, de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays, réaffirmant leur respect du droit international et du principe d’autodétermination des peuples, selon une déclaration conjointe.
Février dernier, plusieurs manifestations ont été organisées, dans le cadre de la célébration du 45e anniversaire de la proclamation de la RASD, dans plusieurs pays, avec la participation de personnalités de haut niveau pour ne citer que l’ancienne présidente du Sénat en Australie ou encore la présidente de l’Association australienne pour le Sahara occidental, Mme Alison, lesquels ont salué les acquis réalisés par le Front Polisario et l’Etat sahraoui dans des circonstances exceptionnelles.
Pour sa part, l’ancien président du parti libéral d’Australie, John Daoud, a souligné, depuis l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, la légitimité du combat du peuple sahraoui, jugeant primordial d’œuvrer à gagner davantage de sympathie envers la cause sahraouie juste. Le mouvement de solidarité du Timor-Leste avec le Sahara occidental et l’Association «Hak» des droits de l’Homme ont également affiché leur solidarité en faveur du combat juste du peuple sahraoui.

L’occupant échoue dans la réalisation de plusieurs «acquis» aux dépens de la cause sahraouie
S’il considère l’ancienne déclaration de Trump portant sur la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental comme une grande victoire diplomatique, le régime marocain, un an après la déclaration contraire aux décisions de la légalité internationale, n’a rien obtenu en contrepartie et a échoué, donc, dans la réalisation d’acquis. En contrepartie de la normalisation des relations avec l’entité sioniste, Trump aura laissé dans les mains de la nouvelle administration américaine, le sort de ses promesses d’octroyer au Maroc des investissements américains à hauteur de 3 millions Usd sur une durée de trois ans.
La nouvelle administration américaine, installée en janvier 2021, a affiché des positions tout à fait contraires à la politique précédente. Preuve à l’appui, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait souligné, mars dernier, au cours d’un entretien en ligne avec le chef de l’ONU, le soutien des Etats-Unis aux négociations politiques, exhortant M. Guterres à accélérer la nomination d’un envoyé personnel pour ce territoire non autonome.
Installé dans ses nouvelles fonctions en janvier 2021, M. Blinken avait affirmé que l’administration Biden examinait les engagements pris durant les derniers mois dans le cadre de la normalisation des relations entre les pays arabes et l’entité sioniste.
Les accords dits d’Abraham, signés en septembre dernier entre l’entité sioniste, les Emirats arabes unis (EAU) et Bahreïn, sont considérés officiellement comme des traités de paix.
A noter que le Congrès américain avait bloqué l’ouverture d’un consulat des Etats-Unis à Dakhla occupée et une opération de vente de drones armés au Maroc, deux promesses clés faites au Royaume par l’ex-président, Donald Trump.
Des sources bien fondées révèlent que la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, bloque depuis plusieurs mois deux promesses clés contenues dans l’accord portant la reconnaissance unilatérale de Trump de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre le régime marocain et l’entité sioniste.
Il s’agit de l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, ville sahraouie occupée, et de la vente de drones armés MQ-9B au royaume.
De son côté, l’ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton, avait regretté la décision unilatérale de Donald Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, estimant qu’«un accord israélo-marocain était possible sans abandonner l’engagement des Etats-Unis en faveur d’un référendum sahraoui sur l’avenir du Sahara occidental».
Un an après la reprise de la lutte armée et l’accord de normalisation israélo-marocain aux dépens des droits légitimes du peuple sahraoui, la cause sahraouie est toujours soutenue et appuyée, d’autant plus que l’appellation de «Sahara occidental» demeure consacrée dans les résolutions internationales, tandis que le Maroc n’est toujours pas parvenu à réaliser des acquis aux dépens de cette cause juste, en attendant le sort de ce conflit qui perdure.

M. G.

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