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lundi 26 septembre 2022

Ukraine: Le chancelier allemand réclame une «désescalade» à Moscou

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, est arrivé à Kiev, hier, pour y rencontrer le président ukrainien avant un déplacement à Moscou, dans une nouvelle tentative diplomatique pour prévenir une invasion russe de l’Ukraine et désamorcer cette crise russo-occidentale qui déstabilise la sécurité européenne.

Par Mourad M.
Dès son arrivée, Olaf Scholz est parti en direction du palais présidentiel ukrainien. Une conférence de presse commune était prévue en début d’après-midi avec le président Volodymyr Zelensky.
«Nous attendons de Moscou des signes immédiats de désescalade», a déclaré Olaf Scholz dans un tweet, menaçant encore la Russie de «lourdes conséquences en cas de nouvelle agression militaire».
Sa visite intervient alors que Kiev a officiellement demandé à la Russie de s’expliquer sur le déploiement de dizaines de milliers de ses soldats aux frontières de l’Ukraine, conformément à ses engagements dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Une réunion est prévue aujourd’hui au sein de l’OSCE.
Les États-Unis, eux, martèlent à l’envi que la Russie pourrait envahir l’Ukraine «à tout moment», et nombre de capitales ont appelé leurs ressortissants à quitter au plus vite le pays.
Les marchés boursiers mondiaux tanguaient quant à eux sévèrement hier, inquiets d’une possible invasion imminente de l’Ukraine. En Russie aussi, où l’indice RTS plongeait de 4,29 %.
Dans le sud-est de l’Ukraine, à proximité de la ligne de front avec des séparatistes prorusses, les habitants se mobilisent dans la perspective d’une invasion.
«Nous creusons des tranchées dans lesquelles les soldats ukrainiens pourront facilement sauter et se défendre», a raconté à l’AFP le jeune Mikhaïlo Anopa, 15 ans.
A Kiev, aucun signe de panique n’était visible. Mais Iouri Fedinski, un musicien de 46 ans, a lui choisi de quitter l’Est ukrainien pour les États-Unis avec sa femme enceinte et ses quatre enfants. «Nous les emmenons apprendre l’anglais dans une école américaine, voir une alternative à ce que Poutine voudrait pour l’Ukraine», a-t-il dit à l’AFP dans l’aéroport de Kiev.
Souvent accusée d’être trop complaisante envers Moscou du fait de ses intérêts économiques, l’Allemagne a haussé le ton ces derniers jours.
Le déplacement d’Olaf Scholz à Moscou est «probablement la dernière chance d’obtenir la paix», a jugé dimanche soir l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne, Andrii Melnik, sur la chaîne allemande Bild TV, disant croire qu’«une guerre devient de plus en plus inévitable».
M. Scholz a prévenu que des sanctions occidentales dévastatrices seraient «immédiates» en cas d’invasion russe, des menaces qui ont laissé Moscou de marbre jusqu’ici.
Un des sujets mis sur la table par les Américains, malgré les réticences allemandes, est l’avenir de Nord Stream 2, un gazoduc controversé construit pour transporter vers l’Allemagne du gaz russe en contournant l’Ukraine.
La Russie, qui a déjà annexé la Crimée en 2014 et soutient des séparatistes prorusses dans l’est ukrainien, nie toute velléité agressive mais lie la désescalade à une série d’exigences, notamment l’assurance que l’Ukraine n’adhèrera jamais à l’Otan. Une condition inacceptable, jugent les Occidentaux.
Vladimir Poutine rencontrera lui cette semaine ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Sergueï Choïgou et Sergueï Lavrov, selon le Kremlin.
Celui-ci a aussi dénoncé des «mouvements d’ampleur» des forces ukrainiennes à proximité des territoires séparatistes de l’est, menant, selon lui, à «une escalade de la situation».
Les tensions sont à leur comble, avec plus de 100 000 militaires russes massés à proximité de la frontière orientale de l’Ukraine et d’autres engagés dans des manœuvres au Bélarus, au nord, et en mer Noire, au sud.
Dans une conversation téléphonique dimanche soir, le président américain Joe Biden et son homologue ukrainien ont convenu de poursuivre «diplomatie» et «dissuasion» face à Moscou.
Dimanche, l’Ukraine a aussi exigé une réunion urgente avec la Russie, l’accusant d’avoir enfreint les règles de l’OSCE en ne partageant pas d’informations sur ses mouvements de troupes.
Si la réunion est prévue aujourd’hui, la participation de la Russie n’est, elle, pas confirmée.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a affirmé que Moscou avait ignoré une demande de Kiev concernant le Document de Vienne, un texte de l’OSCE qui promeut des mesures de transparence entre les forces armées des 57 pays membres de cette Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
«Nous passons à l’étape suivante. L’Ukraine convoque une réunion avec la Russie et tous les États membres (de l’OSCE) sous 48 heures pour évoquer le renforcement et les déplacements des troupes russes le long de notre frontière et en Crimée occupée», a-t-il dit.
De nombreux pays ont prié leurs ressortissants de quitter l’Ukraine ou commencé à évacuer leurs ambassades et la compagnie néerlandaise KLM a suspendu ses vols.
La France a elle décidé de continuer à opérer dans le pays, demandant seulement à ses citoyens sur place de «préparer à toutes fins utiles quelques réserves d’eau et de nourriture».
 M. M.

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