7.9 C
Alger
mercredi 28 février 2024

Ukraine: Des dirigeants européens à Kiev pour rassurer sur leur soutien

Des dirigeants européens étaient à Kiev hier, 10e anniversaire de la révolution pro-occidentale du Maïdan, pour rassurer l’Ukraine sur le soutien face à la Russie, après bientôt deux ans de guerre et une contre-offensive ukrainienne décevante.

Par Rosa C.

Après la venue lundi du secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, et sa promesse de 100 millions de dollars d’assistance supplémentaire, c’est au tour du ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et au président du Conseil européen, Charles Michel, de venir assurer Kiev de la pérennité de leur assistance.
«Je suis à nouveau ici, tout d’abord pour promettre un soutien supplémentaire, mais aussi pour exprimer notre solidarité et nos liens profonds, ainsi que notre admiration pour le combat courageux, brave et coûteux qui est mené ici», a déclaré M. Pistorius en déposant des fleurs sur la place Maïdan, dans le centre de Kiev. Le président du Conseil européen, institution qui représente les 27 États membres, a dit peu avant son arrivée venir «exprimer le soutien fort de l’UE» et préparer avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le prochain sommet européen de décembre, où il sera question de la volonté d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
Ces propos doivent rasséréner Kiev, qui redoute un moindre engagement de ses alliés dont profiterait la Russie, dont toute l’économie a été orientée vers l’effort de guerre. Les inquiétudes ukrainiennes sont d’autant plus marquées que l’attention internationale est accaparée par la guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, que le Congrès américain est déchiré sur la poursuite de l’aide à l’Ukraine et que l’Union européenne est elle aussi divisée sur le sujet. Ces craintes, près de deux ans après le début de l’invasion, interviennent en outre alors que la grande contre-offensive ukrainienne lancée en juin a largement échoué à libérer les territoires occupés dans l’Est et le Sud. Kiev assure cependant pouvoir gagner si l’aide militaire occidentale se poursuit. De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a marqué lui le 10e anniversaire du début de la révolution pro-occidental du Maïdan hier, soulignant que ce soulèvement populaire était la «première victoire» dans la guerre contre l’envahisseur russe. Ce mouvement, dénonçant un régime prorusse corrompu, a chassé du pouvoir le président d’alors Viktor Ianoukovitch, après qu’il eut tenté de réprimer la protestation dans le sang. Le Kremlin de Vladimir Poutine, qui considère la révolution comme un coup d’État orchestré en Occident pour affaiblir la Russie, avait dans la foulée annexé la Crimée et orchestré une guerre séparatiste dans l’Est ukrainien. Huit ans plus tard, il a lancé en février 2022 l’invasion à grande échelle du pays. M. Zelensky a donc mis en garde ses alliés occidentaux contre tout tentation de faire des «compromis» avec la Russie : «Si le monde civilisé commence (…) à faire des concessions aux tyrans, nous allons tous perdre».
L’armée russe poursuit de son côté ses frappes sur l’Ukraine.
Deux civils ont été tués dans une attaque nocturne de drones et de missiles sur un hôpital et un immeuble minier dans l’est, ont annoncé hier les autorités ukrainiennes. De son côté, l’armée ukrainienne s’efforce de grignoter du terrain sur la rive gauche du fleuve Dniepr, zone occupée par les Russes dans la région méridionale de Kherson.
Elle y a conquis des positions et les élargit depuis octobre. Selon des observateurs indépendants et des blogueurs militaires russes pro-Kremlin, les forces russes ont dû mal à répliquer et les autorités russes ont longtemps gardé le silence sur la situation. Finalement hier, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, est intervenu pour démentir les difficultés de ses forces, affirmant que «toutes les opérations de débarquement ukrainiennes avaient échoué».
Dimanche, l’Ukraine a affirmé avoir repoussé l’armée russe de plusieurs kilomètres dans cette zone, premier succès après des mois de contre-offensive infructueuse. Et M. Choïgou est contredit aussi par des blogueurs russes spécialisés pro-Kremlin bien informés.
Le compte Telegram Rybar écrivait ainsi hier à ses 1,2 millions d’abonnés que les forces ukrainiennes, sur la rive gauche du Dniepr, avaient pris un massif forestier supplémentaire près de Krynky, la principale tête de pont ukrainienne, et parvenaient toujours à se faire ravitailler. Il fait aussi état d’opérations plus à l’ouest, près de Gola Prystan.

 R. C.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img