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mardi 16 août 2022

Turpitude

Cela fait sept mois que Benyamin Netanyahu a quitté son poste de Premier ministre qu’il occupait depuis plus de douze ans. Douze années durant lesquelles le pays n’a cessé de se polariser sous l’impulsion du Likoud et d’autres partis d’extrême-droite. Or, celui qui s’est vu pousser vers la sortie du pouvoir après l’accumulation des affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué assure vouloir continuer à rester en politique. L’ex-Premier ministre, accusé de corruption dans une série d’affaires, a en effet affirmé, lundi, refuser un accord de négociation de peine dans lequel il reconnaîtrait toute «turpitude morale», désignation qui mettrait fin de facto à sa carrière politique. L’ex-Premier ministre est accusé d’avoir reçu des cadeaux (cham-pagne, bijoux, cigares) de riches personnalités, d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable auprès du plus grand quotidien payant israélien, le «Yediot Aharonot», et d’avoir favorisé un magnat des télécoms dans un but similaire. Inculpé de corruption, d’abus de confiance et de malversation, l’ex-Chef du gouvernement au mandat le plus long de l’histoire du pays, au pouvoir notamment de 2009 à juin dernier, a clamé son innocence et accusé la justice d’avoir ourdi un «coup d’État» contre lui. Au cours des dernières semaines, le camp Netanyahu a négocié avec la justice un accord dans lequel ce dernier plaiderait coupable à certaines charges pour éviter une éventuelle peine de prison. Selon des médias israéliens, l’accord comprendrait une clause de «turpitude morale», qui aurait pour effet, selon le droit israélien, d’empêcher Benyamin Netanyahu, 72 ans, de siéger au Parlement pour les sept prochaines années, mettant ainsi fin à sa carrière politique. «Au cours des derniers jours, des allégations erronées ont été faites dans les médias à propos de choses que j’aurais acceptées, comme la désignation de turpitude morale. Cela n’est pas vrai», a déclaré Netanyahu, actuel chef du Likoud, formation de droite à la tête de l’opposition, dans un message diffusé en hébreu sur les réseaux sociaux. «Je vais continuer de diriger le Likoud (…) dans le but de diriger Israël», a ajouté Netanyahu, remerciant les «millions» d’Israéliens qui le «soutiennent» dans ses démêlés judiciaires, sans toutefois préciser s’il était prêt à accepter une négociation de peine sans cette clause de «turpitude morale». Une cagnotte lancée la semaine dernière sous le titre «Netanyahu, tu ne seras jamais seul», a permis de récolter auprès de ses soutiens plus de 3,7 millions de shekels (1 million d’euros) pour l’aider à financer son procès en cours. Selon des analystes, son départ de la vie politique aurait pour effet de changer la situation politiques en Israël, en ouvrant la course à la direction du Likoud mais aussi en fragilisant la coalition hétéroclite de son remplaçant à la tête d’Israël, Naftali Bennett, formée d’abord et avant tout sur la base d’une opposition à Benyamin Netanyahu.

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