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mardi 28 septembre 2021

Troisième vague en dents de scie

Dans le pays, l’idée a fini par prévaloir que la troisième vague de l’épidémie est à l’œuvre depuis quelques jours déjà alors même qu’on ne voit pas encore le nombre des nouvelles contaminations quotidiennes et celui des décès, quoique assez nettement supérieurs à ce qu’ils étaient précédemment, augmenter de façon exponentielle, c’est-à-dire doubler tous les trois ou quatre jours. C’était déjà le cas lors de la deuxième vague, appelée ainsi bien que la maladie n’ait pas explosé, il s’en fallait même de beaucoup. Si l’on veut savoir à quoi ressemble une véritable vague, il n’y a qu’à observer celle qui déferle en ce moment en Occident, où le nombre des nouveaux cas monte littéralement en flèche, rendant impossible dans l’immédiat tout retour en arrière. Pour passer, par exemple, de 20 000 cas au double, il n’y a pas à attendre longtemps, la moitié d’une semaine y suffit. Nous serions dans une véritable troisième vague si les quelque 1 200 cas d’avant-hier doublaient ou triplaient dans les heures qui viennent. Cela n’est pas impossible, mais il ne semble pas que ce soit là le scénario le plus probable, même si le variant Delta finissait par prendre le dessus sur ses concurrents.

Ce que nous avons le plus à craindre, c’est une situation comparable à celle que connaît depuis quelques jours la Tunisie, dans notre région le pays le plus atteint, non pas tant d’ailleurs par le nombre des nouvelles contaminations que par celui des décès, frisant les deux cents par jour. En Tunisie, le système de santé ploie sous le nombre, celui des contaminés comme celui des gens prenant d’assaut les centres de vaccination, qui n’en disposent pas en quantités suffisantes. Si la situation épidémique y est particulièrement difficile, il n’est pas dit toutefois qu’elle ne puisse amorcer son redressement dans pas longtemps. Elle ressemble à celles qui prévalaient en Europe avant que la vaccination ne soit de la partie, non pas à celles par lesquelles sont passés le Brésil et l’Inde, qui d’ailleurs n’en sont pas encore complètement sortis. La Tunisie étant dans la région le seul pays où l’épidémie explose, on est porté à mettre la crise sanitaire qu’elle connait en rapport avec la crise politique dans laquelle elle s’attarde. Un lien qu’il serait d’ailleurs difficile à mettre en évidence, mais qu’il n’est pas déraisonnable de supposer. Le système immunitaire d’un pays n’est pas d’ordre physique en effet, il est politique aussi. Là où il y a de vives divisions politiques, il n’y a consensus sur rien, pas même sur les moyens de combattre l’épidémie. En France, par exemple, mais aussi ailleurs en Occident, l’opposition entre ceux qui sont pour la vaccination et le pass sanitaire et ceux qui sont contre les deux n’est pas sans effets sur l’évolution réelle de la maladie. Elle peut même réduire à néant les efforts déployés jusque-là pour la contrer. On ne peut gagner la guerre en étant divisé. Les «antivax» français ne font pas que refuser pour eux-mêmes la vaccination, il leur arrive aussi de s’attaquer aux centres de vaccination. Il faut d’autant plus compter avec eux qu’ils sont nombreux et qu’il existe dans leurs rangs des irréductibles que rien ne fera revenir à de meilleurs sentiments. De là en Europe occidentale la marche lente, mais à ce qu’il semble sûr, vers la vaccination obligatoire. Elle le serait déjà dans notre pays, bien que l’idéologie «antivax» n’y soit pas forte, s’il y avait abondance de vaccins, ce qui n’est pas encore le cas. En Algérie, le plus probable est que cette obligation entrera en vigueur dès lors que la production locale de vaccins, devant débuter en septembre, pourra répondre aux besoins de la campagne de vaccination.

 

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