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lundi 26 septembre 2022

Trahison

 

 

Si encore une petite poignée de nostalgiques chez Les Républicains espéraient encore secrètement qu’un jour Nicolas Sarkozy refasse son grand retour en politique, l’attitude de l’ex-président de droite lors de ces élections législatives a eu l’effet d’une douche froide. Car alors que la droite obtient un score historiquement bas avec 11% seulement des voix exprimées, l’ancien président français a choisi de rencontrer durant l’entre-deux-tours la candidate macroniste de la 4e circonscription de Paris. Astrid Panosyan-Bouvet, co-fondatrice d’En Marche, et surtout concurrente de la candidate LR Brigitte Kuster élue il y a cinq ans. La nouvelle est d’autant plus difficile à digérer, pour celle qui connaît l’ancien chef de l’État depuis 40 ans, et qui a toujours été l’un de ses fidèles soutiens. La rencontre avait pour but d’évoquer « la situation politique, la recherche d’une majorité stable et la poussée de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Et Sociale) et de l’extrême gauche », selon les informations rapportées par l’équipe de la candidate d’Ensemble ! à la presse. Un rendez-vous ponctué de « conseils », adressé à la trésorière nationale de LREM qui doit affronter la prétendante sortante de droite. Depuis des mois, Nicolas Sarkozy reçoit de nombreuses personnalités dans son bureau. Mais celle-ci afflige particulièrement Les Républicains, qui n’oublient pas les liens ayant uni Brigitte Kuster à l’ex-président. Car il faut le rappeler : l’élue, qui a été porte-parole des LR durant près de deux ans, a aussi présidé le comité de soutien parisien dédié à la candidature de Nicolas Sarkozy lors de la primaire de 2016. Brigitte Kuster se dit donc « estomaquée ». Elle raconte n’avoir « aucun passif » avec le principal intéressé, et ne pas comprendre un tel geste. « J’ai honte pour lui devant une telle trahison. Alors que je suis en pleine remontada localement… J’en ai réussi une la dernière fois, j’ai bien l’intention de réussir à nouveau. Et je ferai ça sans lui », affirme-t-elle encore, alors que le premier tour a mené la candidate d’Ensemble ! largement en tête, avec 41,03% des voix contre 28,91% pour LR. « C’est incompréhensible ce qu’il s’est passé », s’est désolé Jean-François Copé sur RTL. « C’est une très grande tristesse, c’est une trahison. » « Minable. Indigne. Traître », s’est également ému le maire du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard, sur les réseaux sociaux. « Quand un président dit “de droite” soutient une candidate de gauche opposée dimanche à une élue fidèle qui a présidé son comité de soutien parisien… Lui qui a donné tant de leçons de loyauté. Prêt à tout pour exister et sauver sa peau », a-t-il poursuivi. Une déception certaine, qui s’inscrit dans la continuité de l’élection présidentielle durant laquelle Nicolas Sarkozy n’a jamais soutenu Valérie Pécresse. L’ex-président choisissant visiblement d’aller dans le sens du vent cherche peut-être un ultime moyen de compter encore sur la scène politique en se rapprochant de ceux qui possèdent le pouvoir, même s’ils ne sont pas de sa famille politique. Surtout que Sarkozy semble croire de rien devoir à personne, affirmant encore il y a peu dans la presse qu’il était « libre comme quelqu’un qui s’est fait seul. » et si l’ancien président pense certainement à son avenir en agissant de la sorte, il prend le risque de compromettre son passé, car aujourd’hui encore beaucoup tentent de reproduire le style du Sarkozy du début des années 2000.

 

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