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mercredi 28 septembre 2022

Tout en relevant l’état archaïque de nos hôpitaux: Pr Mahyaoui : «90 % des patients Covid hospitalisés ne sont pas vaccinés»

Selon le Pr Mahyaoui, la hausse des hospitalisations en Algérie liées au Covid est portée
par les personnes non vaccinées.

Par Louisa Ait Ramdane

Alors que les Algériens sont divisés sur la question de la vaccination, les chiffres des contaminations sont en courbe ascendante depuis le début du mois de juillet. Le Pr Mahyaoui fait un lien entre la vaccination et le nombre d’hospitalisations. Selon lui, les personnes non vaccinées représentaient 90 % des entrées en hospitalisation. Donc, 10 % seulement des personnes hospitalisées étaient vaccinées. L’analyse par le Professeur Mahyaoui des patients hospitalisés et admis dans les structures hospitalières confirme l’efficacité de la vaccination. «Actuellement, l’objectif c’est la vaccination de masse pour atteindre l’immunité collective», a affirmé le chef de service réanimation au CNMS. Il a estimé que tout ce qui est mobilisable pour accélérer la cadence de la vaccination sera utilisé, annonçant qu’en prévision de la rentrée sociale et scolaire, l’effort de vaccination devra redoubler. «D’ici la fin du mois d’août, l’ensemble des enseignants seront vaccinés». L’expert a indiqué qu’une fois les adultes vaccinés, la question de la vaccination des plus jeunes sera posée, appelant à la responsabilité collective des Algériens pour adhérer à la campagne de vaccination et au respect du protocole sanitaire. Mais d’ores et déjà, le membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de Covid-19 a révélé qu’un «plan de grande envergure est lancé pour organiser la participation du secteur médical privé, des étudiants en médecine et des pharmaciens à la campagne de vaccination». Le Pr Mahyaoui n’a pas donné de date, mais a affirmé qu’une journée nationale sera organisée «où tout le monde sera mobilisé».

Plus de 14 000 patients sous oxygène à haut débit
Membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de Covid-19, Professeur Mahyaoui a encore rappelé que «même s’ils n’empêchent pas la contamination, les différents vaccins protègent à 100 % des formes graves de la maladie». Invité de la rédaction de la Chaîne 3, le spécialiste a témoigné que le corps médical a été surpris par la spécificité du variant Delta. «Durant cette troisième vague, nous en sommes à plus de
14 000 patients sous oxygène à haut débit». C’est ce qui rend difficile, selon lui, de répondre à la demande. Cette crise a démontré, dira-t-il, des insuffisances du système de santé, à tous les niveaux, notamment l’état archaïque de nos hôpitaux, soulignant la nécessité que les hôpitaux soient «autonomes en oxygène et en énergie».

Djenouhat : un quart des décès ont moins de 45 ans
La mortalité augmente chez les jeunes. Selon le Professeur Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie et chef de service du laboratoire central EPH Rouiba,
25 % des décès sont des jeunes de moins de 45 ans. Dans une déclaration à la radio locale de Aïn Témouchent, le Pr Djenouhat a souligné une nouvelle fois la dangerosité des variants de Covid-19 chez les jeunes. «30 % des patients atteints de coronavirus sont hospitalisés et environ 25 % des décès sont des jeunes âgés de moins de 45 ans». Il insistera sur le fait que les autorités sanitaires comptent sur la sensibilisation de cette catégorie pour réagir et exiger la vaccination. Le spécialiste a indiqué que «nous souffrons du problème d’un mauvais diagnostic précoce des cas de contamination au coronavirus, en raison des symptômes variés présentés par le variant Delta». Avertissant à maintes reprises que le variant Delta se propage de manière exponentielle, il a expliqué que la désinformation a poussé les patients à s’abstenir d’aller à l’hôpital, compliquant ainsi leur état de santé.
Par ailleurs, le Pr Djenouhat a souligné que l’hypothèse de la troisième dose de vaccin n’a pas encore été envisagée, précisant que la recherche scientifique travaille toujours sur l’intervalle approprié entre les doses de vaccin, mais en principe «nous visons à augmenter l’intervalle entre 4 et 8 semaines». Le Professeur a expliqué également que les effets secondaires bénins après la vaccination signifient que le système immunitaire réagit bien et «nous n’avons enregistré aucun symptôme grave à travers le pays».
L. A. R.

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