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vendredi 14 mai 2021

Tout en rappelant que «l’immunité collective n’est pas atteinte»: Pr Sanhadji appelle à accélérer la vaccination

Alors que des spécialistes expliquent la situation épidémiologique en Algérie marquée par une baisse des cas de contamination au coronavirus par une «immunité collective», le Pr Kamel Sanhadji met en garde la population, qui a quasiment abandonné les mesures barrières de protection et affirme que «l’immunité collective n’est pas atteinte».

Par Louisa Ait Ramdane

Mettant en garde contre le retard en matière de vaccination de masse de la population contre la pandémie de Covid-19, le Pr Sanhadji, directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, a appelé à accélérer la campagne de vaccination, qui accuse déjà de grands retards, deux mois après son lancement officiel en janvier dernier, «pour éviter de donner au virus le temps et l’opportunité de muter».
«Il faut vacciner rapidement pour éviter les variants», a-t-il suggéré. «Je parle en tant que scientifique. Il n’y a pas pire que de vacciner à bas bruit parce que cela donne au virus le temps et l’opportunité de muter», a averti le Pr Sanhadji qui regrette que le nombre de doses, importées jusque-là, soit insuffisant. Fort heureusement, a-t-il indiqué, la situation épidémiologique en Algérie reste modeste par rapport aux flambées constatées actuellement en Europe. Invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio nationale, il a appelé à ne pas baisser la garde et continuer à maintenir toutes les mesures de précaution et protocoles sanitaires. Cependant, le Pr Senhadji a fait part de sa déception. «Je suis déçu. Que de temps perdu pour l’Algérie. Il y a encore 20 ou 30 ans, on savait faire des petites choses concernant la vaccination mais on a perdu notre savoir-faire. La deuxième déception, c’est celle de la solidarité internationale et de l’engagement qui n’a pas été tenu sur le système Covax, qui commence à fonctionner depuis, à peine une dizaine de jours», a-t-il dit.

Vers la création d’un centre de vaccinologie pour maîtriser les technologies de vaccins
L’Agence nationale de sécurité sanitaire prévoit de créer un «centre de vaccinologie» pour s’approprier et maîtriser les technologies de développement des vaccins. «Une action urgente à mener face à l’émergence de nouveaux virus», a estimé son directeur, le Pr Kamel Sanhadji. La création d’un centre dédié à l’étude et au développement des vaccins relève de la «cohérence», a-t-il affirmé. «Il ne suffit pas de fabriquer le Spoutnik V pour pallier l’urgence. Il y a aussi les autres technologies de vaccins qu’il faut maîtriser. Dans ce Centre de vaccinologie, la technologie de l’ARN sera privilégiée», a prévu le Pr Kamel Sanhadji.
Selon lui, il s’agit d’une technologie accessible aussi bien sur le plan scientifique que financier. «Ce centre de vaccinologie devra être adossé à un hôpital de confinement. Il faut imaginer le pire des scénarios, celui d’une épidémie type Ebola, et là il faut avoir des structures isolées pour pouvoir prendre en charge ces maladies émergentes graves», a expliqué le Pr Sanhadji. Même s’il se montre rassurant sur l’efficacité du vaccin classique face au Covid 19 et à ses nombreux variants, le Pr Sanhadji a insisté sur la nécessité d’acquérir et de maîtriser les nouvelles méthodes de développement des vaccins qui offrent une rapidité de réaction aux mutations des virus. «Le développement de différentes technologies de vaccins, notamment l’ARN messager, est un saut qualitatif scientifique intéressant puisqu’il permet, au cas où des variants échappent à la couverture vaccinale, de se mettre à jour en seulement 6 semaines, lorsque les vaccins classiques nécessitent deux ans de culture du virus», a-t-il dit.
L. A. R.

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