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vendredi 19 août 2022

Tout en déplorant une grande réticence au vaccin chez les adultes / Pr Mahiaoui : «Discussions en cours sur la vaccination des enfants»

Suite à l’augmentation des cas de contamination chez les enfants, le Professeur Ryad Mahiaoui, membre du Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie Covid-19, a indiqué que «la discussion est actuellement en cours sur la vaccination des enfants contre le coronavirus», s’attendant à ce que «des décisions soient bientôt annoncées à cet égard».

Par Thinhinane Khouchi

Selon les enseignants, les syndicats de l’Education et les spécialistes en pédiatrie, une forte croissance d’infections au coronavirus est constatée chez les enfants ; ce qui est inquiétant car ces derniers s’entre-contaminent rapidement et contaminent leurs familles. S’exprimant à ce propos, le Professeur Ryad Mahiaoui, membre du Comité national de suivi de la pandémie Covid-19, a déclaré sur les ondes de la Radio nationale que «des nouvelles arrivent d’ici et d’ailleurs concernant l’enregistrement des contaminations dans les établissements scolaires. Certains élèves sont invités à subir des examens médicaux pour s’assurer de l’étendue de leur contamination par le virus, d’autres sont renvoyés pour cette raison. Mais ce que je sais, c’est qu’aucune décision officielle n’a encore été publiée à cet égard». «Je pense qu’une telle décision permettrait de préparer une stratégie pour affronter le virus dans la communauté éducative», a-t-il ajouté. Il a indiqué que «les discussions du Comité scientifique portent essentiellement sur la question de la vaccination des enfants, en particulier de l’âge à cibler et du type de vaccin à leur administrer». A ce propos, Pr Mahiaoui a indiqué que «prochainement, des décisions à cet égard seront prises». Pour l’invité de la Chaîne 1, «le plus important aujourd’hui est de pousser les personnes de plus de 18 ans à se faire vacciner et de commencer par les personnes qui entourent les élèves (parents, enseignants, administrateurs et autres) pour éviter que la contamination ne les atteigne. Malheureusement, il y a une grande réticence au vaccin et nous n’avons pas encore atteint le but souhaité de l’opération». Dans ce contexte, Pr Mahiaoui a confirmé que le variant Omicron a commencé à s’imposer fortement dans la situation épidémiologique de notre pays, après que le variant Delta ait été dominant en décembre dernier, dans une fourchette de 70 à 80 %. Il a précisé, à ce propos, que «le nombre de contaminations a augmenté, comme dans tous les pays du monde, mais le nouveau variant, Omicron, a commencé à concurrencer fortement le variant Delta, et peut-être le surpassera bientôt, comme c’est le cas dans tous les pays du monde». Pr Mahiaoui a estimé que «l’indicateur positif chez ce variant est que ses symptômes ne sont pas dangereux, contrairement à Delta, qui était très mortel». Il a souligné qu’«il n’est pas possible de prédire le pic pour le nouveau variant, tant que les chiffres sont toujours en hausse, mais nous espérons que l’accent sera mis sur les mesures de prévention».

Pr Réda Djidjik prévoit une explosion des cas du variant Omicron dans les prochaines semaines
«Le variant Omicron est tellement contagieux qu’il va rentrer en compétition avec le variant Delta et prendra sa place petit à petit», a indiqué, hier, sur les ondes de la radio Chaîne 3, le Pr Réda Djidjik, chef de service du Laboratoire d’immunologie médicale et Doyen de la faculté de pharmacie, ajoutant qu’«il est fort probable que nous atteignons les 100 % de Omicron dans les jours ou semaines à venir, comme c’est le cas en Europe». «Au début de cette 4e vague, c’était le variant Delta qui était prédominant, ce qui a provoqué la saturation de certains services de réanimation ou conventionnels. Ensuite, il y eu l’arrivée du variant Omicron en Algérie et nous commençons à aborder un glissement d’un variant vers un autre, au début de ce mois de janvier», a relaté le Pr Djidjik. «Malheureusement, au niveau des hôpitaux, nous sommes toujours saturés et les services de réanimation sont déjà pleins», a constaté le spécialiste, qui relève que «le ministère de la Santé, compte actuellement environ 4 200 patients hospitalisés à l’échelle nationale». Avec l’arrivée d’Omicron, le Pr Djidjik a annoncé une «explosion des cas, par milliers probablement». Mais le spécialiste rassure sur le fait que ce nouveau variant ne soit pas comparable à la forme clinique observée avec le Delta, «cela veut dire que nous aurons probablement moins de cas graves avec Omicron».

L’Institut Pasteur insiste sur la vaccination et les mesures barrières
«Il faut que nos chers concitoyens comprennent par là qu’il est fondamental de revenir vers une adhésion massive à la vaccination et un respect strict des mesures barrières afin de rendre les mesures stratégiques efficientes», a indiqué le directeur général de l’Institut Pasteur Algérie, Fawzi Derrar, lors d’un entretien à un journal national. Interrogé si le variant Omicron peut continuer l’opportunité d’une immunité collective, le virologue a indiqué que ces hypothèses avancées par les scientifiques étaient «peut-être possibles», mais à condition que les taux de couverture vaccinale soient «élevés», auxquels s’ajoutera une capacité de défense post-infectieuse qui renforcera cette immunité. Il a ajouté que cette situation pourrait être «suffisante» pour prévenir les formes graves de la maladie et qu’il va falloir renforcer avec des rappels pour maintenir un niveau d’immunité «important» et continuer à respecter certaines mesures sanitaires en cas de vague. Pour ce spécialiste, le variant Omicron sera «prédominant dans une quinzaine de jours. Ce sera le variant qui va rythmer la pandémie en Algérie par la suite et l’emmener au pic de l’épidémie». Derrar a relevé que tout dépendra du taux de couverture vaccinale qui sera «déterminant», voire «crucial» pour la sortie de cette crise. Il a ajouté qu’il faut savoir que ce virus «vivra avec nous des années, d’où l’importance de cette vaccination qui nous permettra de contrôler cette infection virale pour les prochaines années et réduire sa morbi-mortalité, notamment les sujets à risque qu’il faudra probablement vacciner par des doses de rappel, comme la grippe». «C’est le meilleur scénario que l’on peut espérer. Alors prenons nos responsabilités dès maintenant, et vaccinons-nous massivement, afin de rendre les voyants au vert le plus vite possible», a-t-il souhaité. Enfin, Derrar a fait savoir qu’actuellement il y avait une co-circulation des variants Delta et Omicron, précisant que le variant Delta représentait 67 % des variants circulant en Algérie, tandis qu’au 30 décembre dernier, il représentait 80 %, contre 33 % pour le variant Omicron qui ne représentait que 10 % à la même date.

T. K.

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