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dimanche 18 avril 2021

Tout en appelant le Snapo au dialogue: L’Association des distributeurs se défend quant à la rareté des médicaments

Durant deux dimanches consécutifs, les pharmaciens d’officine des différentes wilayas du pays ont observé une grève blanche en ne passant pas de commandes auprès des distributeurs. Réagissant, l’Association des distributeurs pharmaceutiques algériens (Adpha) a souligné que «le phénomène des ruptures de médicaments existe depuis plusieurs années et pour désigner les distributeurs comme responsables, le Snapo se trompe de cible en s’attaquant à eux».

Par Thinhinene Khouchi

Dans un communiqué rendu public, l’Association des distributeurs pharmaceutiques algériens (Adpha) a indiqué que contrairement à ce que veut faire croire le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), les raisons qui perturbent la disponibilité des médicaments ne sont pas les distributeurs, soulignant que «ces problèmes se sont toujours rapportés aux retards des autorisations de programmes d’importation, aux limites du système d’enregistrement, à la gestion des interdictions d’importation, à l’absence d’un système d’information. Ce sont ces problèmes en amont qui dérèglent la distribution et non l’inverse». A ce sujet, le président de l’Adpha, Dr Abderrahmane Benberou, a indiqué que «certes, il y a des tensions sur certains médicaments, mais cela touche au plus une vingtaine de médicaments et la situation n’est pas aussi alarmante que veut le faire croire le Snapo». Tout en contestant le chiffre de 335 médicaments en rupture de stock, annoncé par le Snapo, le président de l’Adpha a estimé que bien au contraire «la situation s’est améliorée ces dernières semaines et plusieurs médicaments sont aujourd’hui disponibles». Il tient à rappeler, tel qu’il est souligné dans le communiqué, que «tout responsable au niveau de la filière pharmaceutique nationale devrait garder à l’esprit la période exceptionnellement perturbée que traverse l’Algérie, autant du fait de la crise économique sévère qui a considérablement réduit les capacités financières de notre pays, que du contexte pandémique dont les turbulences affectent toute la chaîne mondiale de l’approvisionnement et du transport de nos matières premières et autres intrants pharmaceutiques». Réagissant au mouvement des pharmaciens, sous la bannière du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine, l’Association estime qu’au cours de ces derniers mois, «le Snapo a mené une campagne de presse sans précédent pour dénoncer le phénomène des ruptures qui existe pourtant depuis plusieurs années et pour désigner les distributeurs comme responsables d’un problème complexe qui trouve fondamentalement sa source dans un certain nombre de faiblesses systémiques qui ne peuvent être surmontées instantanément et nécessitent la mise en place d’outils adéquats». L’Adpha tient à rappeler que les acteurs de la chaîne du médicament, qu’ils soient distributeurs ou pharmaciens, sont soumis aux mêmes contraintes et aux mêmes règles et visent le même objectif, celui de «fournir un service de qualité aux patients». Enchaînant que «l’un ou l’autre de ces maillons vienne à être affaibli, et ce sont les performances de l’ensemble de la chaîne du médicament qui seront nécessairement amoindries». L’Adpha insiste également pour se dédouaner des accusations faites à l’encontre des distributeurs des médicaments, indiquant que «les ruptures, c’est bien connu, n’ont pas pour origine une quelconque pratique malsaine des distributeurs, elles tiennent à des problèmes inhérents au mode de régulation». Dans le communiqué, l’Adpha a souligné que «le nouveau ministère de l’Industrie pharmaceutique commence tout juste à mettre en œuvre un programme d’actions plutôt ambitieux». Elle estime que cette réorganisation en profondeur est «engagée» et qu’il «semble raisonnable de faire preuve de patience et de compréhension pour un phénomène persistant depuis plusieurs années et ainsi pouvoir apprécier, dans la durée, ce qui en résulte concrètement sur le terrain». Et d’ajouter que dans un tel contexte, «les acteurs principaux du secteur, à l’image du Snapo, devraient s’en tenir à un minimum de réserve et ne pas amplifier ou susciter des inquiétudes qui s’expriment au niveau de la population». Enfin, l’Adpha a estimé que le plus important dans le contexte actuel est de trouver un terrain de dialogue serein pour trouver des solutions efficaces, affirmant qu’«en ces moments difficiles, il faut faire prévaloir le dialogue et la recherche de solutions constructives, impliquant producteurs, distributeurs et pharmaciens d’officine, en concertation étroite avec les autorités publiques compétentes».
T. K.

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