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vendredi 24 mai 2024

Tournée

En fin de règne, Angela Merkel est en pleine tournée d’adieu après seize années à la tête de la première puissance européenne. Elle était, en ce début de semaine, à Istanbul pour saluer son «allié» turc, Recep Tayyip Erdogan. La dirigeante allemande reçue par le président turc s’est réjouie de la «très bonne collaboration» avec la Turquie. «J’ai été parfois critique face aux développements auxquels nous avons assisté dans le domaine des droits de l’homme et des libertés individuelles». «La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’il en ira de même avec le prochain gouvernement allemand : la relation entre la Turquie et l’Allemagne continuera, avec ses bons et ses mauvais côtés», a-t-elle assuré. La relation entre les deux pays a connu de fortes tensions après le putsch avorté de juillet 2016 et les représailles qui s’en étaient suivies contre la société civile. Le président turc avait alors débuté une campagne très hostile à l’encontre du gouvernement allemand, se déplaçant même en Allemagne pour faire campagne auprès de la population d’origine turque pour tenter d’influencer leur vote durant les élections. Une attitude qui avait déplu, sans surprise, aux dirigeants germaniques qui ont toutefois, comme toujours avec Ankara, fait preuve de beaucoup de diplomatie. De son côté, durant la rencontre, le Président Erdogan a salué par deux fois sa «chère amie» Angela Merkel, et s’est inquiété par avance de la suite : «Il n’est jamais facile de travailler avec une coalition comme celle qui est en cours de négociations en Allemagne pour la formation du futur gouvernement», a-t-il estimé. Sur la question cruciale des migrants, l’un des principaux dossiers entre l’Union européenne et Ankara, le président turc a fait valoir que son pays était devenu «une guest-house» (une maison d’hôtes) pour les réfugiés. La Turquie accueille toujours plus de 3,5 millions de réfugiés syriens et 300 000 Afghans. La chancelière a rendu hommage à «cette tâche importante» et garanti que «le soutien européen à la Turquie continuera». «Parce que nous voulons mettre fin au trafic d’êtres humains, le soutien de l’UE est nécessaire : nous avons déjà versé 4,5 milliards d’euros sur les 6 milliards convenus», a-t-elle insisté. Toutefois, malgré ses déclarations il n’est pas certain qu’Erdogan souhaite vraiment la résolution du problème des migrants, celui-ci lui offrant un atout de poids face à l’UE, grâce auquel il soutire plusieurs milliards d’euros aux Européens chaque année. Reste à voir si le successeur de Merkel tiendra la même politique laxiste vis-à-vis de la Turquie que la chancelière et son gouvernement, ou si les nouveaux dirigeants allemands feront preuve de plus de mordant et de fermeté face à Erdogan.

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