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mardi 9 août 2022

Tourisme de montagne à Tizi Ouzou Un fort potentiel inexploité et livré à des non professionnels

Connue par son fort potentiel touristique montagneux, la wilaya de Tizi Ouzou peine à le développer et à en tirer un bénéfice profitable aux collectivités locales. En effet, les potentialités touristiques des montagnes de Kabylie demeurent inexploitées, pendant que certains, pas forcément des professionnels du secteur du Tourisme, tirent des profits sans le moindre respect des normes de tourisme de montagne. Ni l’organisation nécessaire, ni la protection de ces milieux naturels pouvant constituer des destinations mondiales de tourisme climatique ne sont mises en place. Devant la forte demande en la matière, à la faveur du recours au tourisme intérieur face à la crise sanitaire mondiale du Covid-19, des amateurs de tourisme, au souci purement financier et sans tenir compte de toutes les clauses liées à une exploitation saine et réglementaire, ont fait intrusion dans le domaine. Les responsables en charge des parcs naturels, essentiellement forestiers et montagneux relevant du territoire de la wilaya de Tizi Ouzou, dotés de moyens humains et matériels réduits, tentent tant bien que mal de limiter les dégâts occasionnés par ce tourisme de masse, contre-indiqué sur de tels sites. Les montagnes et les forêts de Kabylie commencent même à vivre l’impact de ces activités qui sont loin du minimum des conditions requises. Des voix s’élèvent ici et là pour mettre de l’ordre et sévir contre les initiateurs de ce tourisme dévastateur de la nature, d’autant plus que certains le pratiquent au su et au vu de tout le monde. Certains amoureux de la nature proposent même des feuilles de route pour anticiper face à la demande sans cesse grandissante en matière de tourisme climatique, suite aux meilleures conditions sécuritaires retrouvées après les années de terrorisme. Pour eux, il n’est pas trop tard pour organiser et réglementer ces activités en intégrant des compétences parmi ces mêmes amateurs fortement sollicités à l’intérieur et à l’extérieur du pays, notamment parmi la communauté nationale établie à l’étranger. Les montagnes du Djurdjura, les forêts de l’Akfadou et de Mizrana, peuvent devenir des sources de revenus pour de nombreuses familles et de fiscalité pour les communes qui les abritent. Cela permettra même d’entraîner le développement des activités liées à l’artisanat et aux produits du terroir qui connaissent un essor ces dernières années mais butent sur la commercialisation. Mieux, certains se lancent déjà dans les gîtes et les maisons d’hôtes pour rentabiliser les somptueuses maisons inhabitées dans les villages de Kabylie. L’implication des élus locaux pour organiser le tourisme de montagne est plus que nécessaire, face aux menaces que peut engendrer la persistance de cette activité clandestine échappant à tout regard ou contrôle de l’autorité habilitée. La conjugaison des efforts des amoureux de la nature, des professionnels et des autorités peut encadrer toutes ces activités et donner naissance à l’industrie du tourisme comme une alternative aux autres industries que l’on tente, depuis des décennies, d’ancrer vainement dans la région, d’autant plus que tous ces ingrédients sont réunis.
Hamid Messir

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