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lundi 27 juin 2022

Tizi Ouzou/Un site aux dimensions culturelle, historique et touristique: Belle escapade au vieux village d’Ichiqar

A l’initiative des animateurs du mouvement associatif local, le vieux village Ichiqar, dans la commune de Makouda (20 km au nord de Tizi Ouzou), a été un lieu de «pèlerinage» culturel vendredi après-midi, au bonheur des amoureux de découverte du riche patrimoine matériel et immatériel que recèle la Kabylie.

Par Hamid Messir

Perché à près de 700 mètres d’altitude et accroché au rocher Acruf N’Siwan, Tadarth comme on l’appelle à Ichiqar, ce vieux village, dont certains matériaux utilisés pour la construction d’une trentaine d’habitations remontent à l’occupation romaine, a attiré une foule nombreuse venue des quatre coins de la région et d’ailleurs, d’autant que les conditions climatiques étaient très clémentes sur les lieux, par rapport à plus de 40 degrés au pied de cette colline. Les visiteurs ont eu droit à une belle escapade culturelle et historique au milieu de ce village en ruine, mais intact pour témoigner de la présence humaine ayant choisi cette colline qui domine une bonne partie de toute la région de Makouda jusqu’à Ath Ouaguenoune et partiellement la Kabylie, pour vraisemblablement plus de sécurité et de quiétude face à l’occupation coloniale française, puisque la construction d’une bonne partie des habitations remonteraient aux années trente. Une riche exposition des produits de l’artisanat traditionnel, d’ustensiles de cuisine kabyle, de toiles et autres, a constitué le décor des anciennes maisons en ruine. L’archéologue Farid Ighilahriz a permis aux visiteurs de faire un voyage dans l’histoire et le patrimoine matériel et immatériel de l’Algérie en général, et de la Kabylie en particulier. Le conférencier n’a pas manqué de souligner le commun des habitants d’Afrique du Nord en mode de vie et de pratiques traditionnelles, dont la construction des maisons. Pendant l’exposé de plus de deux heures, qui a eu lieu au niveau de la cour qui aurait servi de placette du vieux village d’Ichiqar, des échanges ont eu lieu entre membres de l’auditoire. Pour Said Mahouche, vice-président de l’association pour la renaissance du vieux village d’Ichiqar, initiatrice de l’activité aux côtés de l’autre association «Imghi n Tesekla» (le grain de la littérature), l’objectif fixé à leur action a été amplement atteint. En effet, le but était de sensibiliser, dans un premier temps, les habitants de la région sur l’importance historique et culturelle de ces maisons même en ruine, afin de les préserver, et dans un second temps les autorités en charge du patrimoine matériel et immatériel du pays pour se pencher sur le processus de réhabilitation, voire même de restauration du site, susceptible de devenir un musée à ciel ouvert. Selon lui, il est plus qu’urgent d’engager de nombreuses actions pour dépoussiérer les lieux en organisant des volontariats pour le nettoyage du site et le rendre accessible. L’ambition des initiateurs de l’action est grande de par le potentiel touristique que recèle le même site, puisque le vieux village Ichiqar, «Acruf N’Siwan» (la falaise du faucon), situé à plus de 700 mètres d’altitude, peut abriter des  randonnées. En effet, du haut de cette falaise, le panorama est époustouflant du fait que l’on domine plusieurs régions de Kabylie d’où l’on peut observer la mer Méditerranée ou encore les eaux du barrage Taksebt. Pour Said Mahouche, la balle est aujourd’hui dans le camp des autorités pour accompagner le mouvement associatif afin de concrétiser cet ambitieux projet à trois dimensions, à savoir culturelle, historique et touristique. Les organisateurs n’ont pas manqué de remercier les nombreuses compétences culturelles ayant affiché leur disponibilité à apporter leur contribution pour que ce rêve devienne réalité dans un proche avenir.
H. M.

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