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mercredi 8 février 2023

Tizi Ouzou: Le taux de remplissage du barrage Taksebt inférieur à 20 %

Le taux de remplissage du barrage de Taksebt, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou, demeure inférieur à 20 % (30 millions de m3) en cette fin d’automne 2022, en baisse comparativement à celui de la même période de 2021 qui était de l’ordre de 25 % (40 millions de m3).

Par Hamid Messir
Le responsable du laboratoire des eaux à l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, le Professeur Malek Abdeslam, nous explique que «les réserves emmagasinées par le barrage de Taksebt sont de l’ordre de 30 millions de m3 d’eau, soit inférieures à 20 % de ses capacités qui sont de 171 millions de m3. A la même période 2021, on est passé de 5 millions de m3 d’eau (3 %) à 40 millions de m3 d’eau (25 %) en quelques jours, avec une remontée du niveau d’une hauteur de 10 m. Les semaines suivantes ont vu l’arrivée des eaux, de la Haute Kabylie et du Djurdjura, de 10 autres millions, alors que décembre 2021, janvier et février 2022 ont été pauvres en pluies (66 % de déficit en pluies par rapport aux moyennes)». Selon lui, jusqu’à cette fin d’automne 2022, «la pluviométrie à Tizi-Ouzou présente un déficit de 50 % par rapport aux moyennes interannuelles calculées sur les 40 dernières années (174mm /335mm). Alors qu’en 2021 le mois de novembre à lui seul a eu des apports de 355mm en pluie».
Poursuivant ses explications, notre interlocuteur a rappelé que «les réserves de Taksebt ont été évaluées à 30 %. Des pluies importantes ont repris le dernier jour de février et durant les mois de mars et avril 2022, portant le stock à 40 %, soit 70 millions de m3, avec une remontée du niveau d’une hauteur de 15 m, auxquels on doit ajouter une consommation de 30 millions de m3. Le mois de mai a été juste moyen, tandis que les mois d’été ont été secs et particulièrement chauds. Les réserves emmagasinées ont permis d’assurer l’approvisionnement de Tizi-Ouzou et en partie Boumerdès et Alger jusqu’à ce mois de décembre 2022, moyennant des restrictions et une distribution alternant avec des coupures d’eau pour une régularité assez respectée qui a permis aux citoyens de s’en accommoder». Malek Abdeslam a rappelé que «comparativement à l’année 2021, cette période de la troisième dizaine de décembre 2022, et au solstice d’hiver (21 décembre), la pluie fait et va faire défaut et le Taksebt est à moins de 20 % contre plus de 25 % en fin 2021, la neige en moins cette année sur le Djurdjura. La neige de novembre dernier a déjà fondu, alimentant un modeste écoulement dans le massif Aissi, en amont du barrage». Il a averti que «les prévisions de janvier à mai 2023, donnent une pluviométrie à peine moyenne. Seules des pluies exceptionnelles peuvent assurer un bon stock pour l’été et le début de l’automne 2023». Evoquant l’apport du Sébaou pour le barrage du Taksebt, il a rappelé que depuis le mois d’avril 2022 il n’y a pratiquement plus de pompage vers le Taksebt. «Les pompages visibles concernent le recyclage des fuites d’eau de la vanne de fond dont l’eau est renvoyée dans le barrage et que l’hydrologie du Sébaou est liée aux perturbations atmosphériques limitées aux reliefs en bordure du littoral qui apportent une bonne pluviométrie assurant d’importants écoulements et la réalimentation des nappes alluviales du Sébaou».
Pour notre interlocuteur, «la pluviosité qui arrive au Taksebt doit pénétrer plus profondément jusqu’au Djurdjura qui constitue son bassin versant», avant de rappeler qu’«en 2021 et 2022, les pluies se sont concentrées essentiellement sur les zones littorales. Cela a été le cas ces dernières semaines aussi où le Sébaou a eu d’importants écoulements». «Il est urgent de pomper, en partie, vers le Taksebt, surtout que les quantités d’eau qui finissent en mer demeurent importantes», a-t-il conclu.
H. M.

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